Au sommet de Rio en 1992 l'humanité était à un moment crucial

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Le bref rappel historique précédent montre l'impressionnante collection de recommandations et de décisions des sommets de la Terre. Cette revue des vœux pieux étant faite, que se passe-t-il sur le terrain ? Une loi fédérale aux États-Unis qui empêche l'application des lois locales contre la pollution automobile. Cet article a été écrit en 2005 et malheureusement on ne peut que constater la lente détérioration de nos conditions de vie.

L'humanité se trouve à un moment crucial.

« L'humanité se trouve à un moment crucial de son histoire ». Telle était la première phrase du rapport final du sommet de Rio en 1992.

Aux États-Unis, le président Bush avait signé une loi qui obligeait les constructeurs à faire progresser de 40 % l'efficacité énergétique de leurs véhicules afin d'atteindre la consommation de carburant à l'équivalent d'un litre aux 15 km. Paradoxalement, cette loi fédérale empêche l'application des lois locales contre la pollution automobile. Onze États, le gouverneur de la Californie et des associations de défense de l'environnement ont porté plainte contre l'État fédéral qui a fait perdre deux ans, à la Californie, pour faire appliquer les lois locales contre la pollution automobile.

16 principaux pays pollueurs : 90 % des gaz à effet de serre

Les 16 principaux pays pollueurs de la planète émettent 90 % des gaz à effet de serre !

Après des années de dénégation d'experts scientifiques, le rapport de 2007 a établi la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. M. Bush avait donc invité en septembre 2007, à Washington, les 16 principaux pays pollueurs de la planète, qui émettent 90 % des gaz à effet de serre : États-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Chine, Inde, Indonésie, Corée du Sud, Mexique, Brésil, Afrique du Sud et Australie, ainsi que les représentants des Nations unies, de la présidence européenne et de la Commission.

Fait marquant : l'Europe, à cette occasion, aura donc pollué l'air des États-Unis plus que tout autre pays, puisque ses représentants étaient pratiquement trois fois plus nombreux que ceux des autres pays.

Les États-Unis n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto.

Les ONG écologistes et des diplomates européens soulignent que Washington pourrait ainsi tenter de « piloter un processus parallèle à celui de l'ONU », centré sur les technologies et des accords volontaires, et sans engagement contraignant de diminution des émissions, les États-Unis n'ayant pas ratifié le protocole de Kyoto.

Augmentation de 50 % de la fonte des glaces au Groenland

La disparition des glaces du Groenland a doublé entre 1996 et 2005

Selon une étude de la NASA et de l'Université du Kansas, publiée dans la revue américaine Science, la disparition des glaces du Groenland a doublé entre 1996 et 2005 avec l'accélération du mouvement de déversement de glace dans l'Atlantique sous l'effet du réchauffement mondial des climats : en dix ans, la moitié des glaces du Groenland ont fondu.

Une étude du débit de glace provenant des glaciers du Groenland à différentes périodes au cours des dix dernières années.

Le rapport indique que l'érosion des glaciers du Groenland, en un siècle, a été massive, généralisée et soutenue dans le temps. La calotte glacière en est affectée dans son intégralité et son impact sur l'élévation du niveau de la mer augmente. Des chercheurs, Éric Rignot, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, Californie, et Pannir Kanagaratnam, du Centre de télésurveillance des calottes polaires de l'Université du Kansas, ont conduit - en utilisant les données de satellites canadiens et européens - une étude quasi complète du débit de glace provenant des glaciers du Groenland à différentes périodes au cours des dix dernières années.

La fonte de la banquise Arctique.

La fonte de la banquise arctique, le signe le plus visible jusqu'à présent du réchauffement planétaire constitue l'un des développements les plus menaçants à ce jour dans le commencement du changement climatique. Deux études séparées de la NASA, utilisant différentes technologies de surveillance par satellite, montrent une très grande accélération, depuis deux ans, de la disparition de la couche de glace arctique.

Selon Eric Rignot « Le rôle que joue la calotte glacière du Groenland dans le niveau de la mer est d'une importance considérable tant au niveau sociétal que scientifique »

75 % des glaces de l'Antarctique ont fondu en dix ans

Dans l'Antarctique, selon la revue Nature Geoscience, 75 % des glaces ont fondu en dix ans.

Cette étude offre une évaluation détaillée du rôle du déversement accru de glaces polaires contrairement aux études antérieures similaires contenant de nombreuses lacunes. En conclusion, le rapport annonce un accroissement de la perte de glace et une élévation du niveau de la mer. A noter que, au pôle Sud, dans l'Antarctique, selon la revue Nature Geoscience, ce ne sont pas 50 mais 75 % des glaces qui ont fondu en dix ans.
En 2006, environ 192 milliards de mètres cubes de glaces ont disparu, quantité suffisante pour noyer sous 4,6 mètres d'eau l'ensemble des Pays-Bas.

Selon le Climate Institut australien, le niveau des mers pourrait monter en cent ans de 1,40 mètre.

Dans leur dernier rapport de 2007, les experts internationaux sur le climat (GIEC), ont renoncé à extrapoler la hausse maximale du niveau des océans à la fin du siècle, du fait des incertitudes pesant sur la rapidité de la fonte des glaces du Groenland (Arctique, pôle Nord) et de l'Antarctique (pôle Sud). Le niveau de la mer augmenterait de 1,40 mètre d'ici à un siècle. L'élévation minimale a été fixée à 18 centimètres jusqu'à la fin du siècle par le GIEC, qui a renoncé à maintenir la limite maximum, auparavant fixée à 59 centimètres. Selon le Climate Institut australien, le niveau des mers pourrait monter en cent ans de 1,40 mètre.

Un point de non-retour pour le climat

Le climat de la planète pourrait franchir prochainement le point de non-retour.

Les scientifiques de la NASA et du Columbia University Earth Instituts estiment que le climat de la planète pourrait franchir prochainement le point de non-retour. Tout nouveau réchauffement suffirait à faire fondre les calottes glaciaires de l'Arctique et de l'Antarctique Ouest. Les désastres se produiraient alors en cascades sur tous les continents. Recul des côtes, réduction des surfaces émergées : « Le monde des humains serait en péril », concluent-ils.

Ci-dessous l'autocollant pour la campagne anti OGM pour Greenpeace France.

L'éradication de la pauvreté et l'accès à l'eau potable.

Lors du sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud) l'éradication de la pauvreté et l'accès à l'eau potable étaient desvœux pieux pour 2015, afin que toutes les populations aient enfin accès au minimum vital. Quant à la part faite aux énergies renouvelables, elle est « plus faible qu'espéré du fait de l'opposition des pays en développement producteurs de pétrole ».

Cette réaction de ces pays en voie de développement est bien humaine pour tout faire pour empêcher l'exploitation de ressources, concurrentes des leurs et qui peuvent ruiner leurs sources de revenus.

Les objectifs du Plan d'action étaient de traduire en acte, avec des calendriers et des budgets, les bonnes intentions affichées dix ans plus tôt à Rio : quelque 2500 recommandations constituant l'Agenda 21... Le résultat est quasi nul.
Le Plan d’action évoque, en 65 pages, de nombreux thèmes : énergies renouvelables, biodiversité, aide aux pays en développement, etc.

Sur les 152 points abordés, un seul avance un objectif avait été chiffré : diminuer de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes sans eau potable ni assainissement adéquat (1,3 milliard d'êtres humains n'ont pas d'accès à l'eau potable et 2,4 n'ont pas de moyens d'assainissement). Actuellement, la crise qui frappe la planète a rendu impossible ce calendrier.

Dans la dynamique des 169 pays qui ont participé à l'accord de Paris, descontributions à la diminution des gaz à effet de serre très diverses avec plus ou moins d'ambition et plutôt insuffisantes ont été mise en ligne

L'accord de Paris est la première convergence d'idées sur le climat. Il a été signé à New York le 22 avril 2016 à la suite des négociations qui se sont tenues lors de la Conférence de Paris sur le climat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques le 12 décembre 2015.

L'accélération de la consommation mondiale

Que va-t-il se passer quand plusieurs centaines de millions, puis un milliard d'automobiles supplémentaires rouleront en Chine et en Inde ? Lorsque 3500 Airbus supplémentaires et au moins autant de Boeing vont être mis en circulation dans les années qui viennent par les compagnies aériennes pour développer le tourisme de masse ? Lorsqu'une dizaine de centrales nucléaires EPR supplémentaires vont entrer en service ? Actuellement, 439 centrales nucléaires existent sur la planète

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Pourquoi, en dépit de tous ces sommets ainsi que de la prise de conscience générale des menaces qui pèsent sur la survie de la planète, les résultats sont-ils voisins de zéro ?
Le développement industriel accéléré n'est pas compatible avec la protection de l'environnement ni même avec la survie de la Planète. Il y a là une contradiction que les responsables ont refusé de voir. Ce problème est d'autant moins soluble aujourd'hui que, depuis 1968 — création du Club de Rome —, les intérêts privés n'ont essentiellement rien fait d'autre qu'accroître de manière quasi exponentielle la pollution.

Le monde accuse 40 ans de retard

Les pays en voie de développement accéléré (Chine et l'Inde) veulent poursuivre leur expansion. C'est également le cas de la Russie dont on connaît le peu d'intérêt pour l'écologie (quantité de sous-marins nucléaires pourrissants dans ses mers nordiques, centrales nucléaires moribondes type Tchernobyl.

Il resterait 20 à 40 ans de pétrole, 40 à 60 ans de gaz et 270 ans de charbon

Au rythme de la consommation actuelle, et d'après les économistes optimistes qui confondent parfois les réserves prouvées et les réserves probables nous disposerions d'environ 20 à 40 ans de pétrole, 40 à 60 ans de gaz et 270 ans de charbon.

L'incertitude des prix du pétrole et le mouvement de son prix en yoyo vont contraindre la Chine et l'Inde à recourir davantage au charbon, beaucoup moins cher, mais extrêmement polluant. La Chine a acheté à la France deux réacteurs nucléaires EPR. L'Inde et la Lybie sont également sur les rangs ainsi que l'Arabie Saoudite, rendue prudente par la crise américaine des prêts non garantis de l'immobilier (crise des « subprime »), sur les 40 milliards de contrats qui devaient être signés à Riyad. La catastrophe de Fukushima toujours en cours malgré le silence des médias, continue à polluer la totalité des mers du globe et pour très longtemps.

Un sauveur inattendu : l'épuisement des ressources

Paradoxalement, le sauveur de la Planète sera l'épuisement des ressources pétrolières et minérales, car en pratique la consommation effrénée d'énergie nous contraindra bien plus tôt que les économistes le déclarent à respecter la planète.
Espérons que cette fin du pétrole ne se déroulera pas dans une ambiance de film américain type Mad Max.

Selon une étude de l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'intensité énergétique de l'Europe est inférieure de 30 % à celle des États-Unis, de 40 % à celle de la Chine et jusqu'à trois fois inférieure à celle des pays de l'ex-URSS et du Moyen-Orient. L'objectif des pays européens est que, d'ici à 2020, 20 % de l'énergie consommée soit issue des énergies renouvelables.

Dans le même temps, l'Europe a pour objectif de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Schéma du trajet de l'Erika, le bateau pétrolier poubelle affrété par la société française Total.

Le transport maritime :

un énorme pollueur aux effets parfois visibles. Les émissions des pots d'échappement des voitures et camions sont réglementés à moins de 15ppm de particules de soufre. 60.000 navires marchands (porte-containers, cargos, pétroliers, etc.) sillonnent les mers. Un seul grand navire émet autant de saletés que 50 millions de voitures soit 3 500 ppm en toute impunité (ppm = particules par million du gaz rejeté). Les 20 plus grands bateaux polluent plus que l’ensemble du parc automobile mondial. Certains yachts de luxe stupide appartenant à des milliardaires font le plein de leur réservoir avec 1 million de litres.

Les marées blanches :

150 000 tonnes de pétrole rejetés en mer chaque année en toute quiétude.

Les marées noires

Plus spectaculaires et aussi polluantes. Le préjudice écologique reconnu par les tribunaux français
Avant le 16 janvier 2008, la tragédie de l'Erika un bateau pétrolier affrété par la société Française Total qui s'était brisé en mer libérant sa cargaison de pétrole, aucun tribunal français n'avait reconnu le préjudice écologique (destruction d'oiseaux, de poissons, de mammifères), etc. Notons que ce n'est pas la destruction des huîtres, en tant que telles qui étaient indemnisées mais le préjudice financier des ostréiculteurs.

Total condamné en 2008 en tant qu'« affréteur véritable »

La société Française Total avait été condamnée le 16 janvier 2008 et le préjudice écologique reconnu. Après différents recours de la société Total, la cour de cassation avait confirmé le 25 septembre 2012 toutes les condamnations à l'encontre de la société pétrolière et avait rajouté la responsabilité civile dont Total en tant qu'« affréteur véritable » avait été exonéré par la cour d'appel de Paris en raison d'une convention internationale.

Le transport aérien :

un énorme pourvoyeur de gaz à effet de serre :

Un aller-retour Lyon-Rio de Janeiro en avion pour deux personnes produit l'équivalent de 9 662 kg de C02.
Environ 900 avions traversent l'Atlantique tous les jours et consomment en moyenne 2600 litres par heure de kérosène et par réacteur.

Les compagnies aériennes se vantent de transporter des milliards de passagers. Le transport aérien est un fléau d'autant plus que le tourisme fortement développé par l'industrie capitaliste a modifié l'ensemble de la planète.

17 avions décollent chaque seconde dans le monde pour faire quoi ? Partir de Londres pour aller jouer au golf au Maroc, faire un safari-photo au Kenya en rentrant dans un Lodge pour prendre une bonne douche pendant que les autochtones manquent cruellement d'eau, partir de Bruxelles pour passer le weekend à Ibiza dans la plus grande discothèque du monde.


Des camions transportent des crevettes élevées au Danemark pour les faire décortiquer au Maroc où la main-d'œuvre est peu chère, les exemples ne manquent pas : j'ai pris ceux-là sur le site Acqualys mais il y en a d'autres. Nous manquons singulièrement de bon sens, si nos ancêtres revenaient ils nous qualifieraient de fous dangereux et ils auraient malheureusement raison. Il est encore temps de changer nos habitudes de consommateurs.

Qu’il soit « éthique » ou de masse, le tourisme épuise notre planète et je vous invite à lire le manuel de l'anti tourisme écrit par Rodolphe Christin, sociologue qui dresse le portrait d'un tourisme de masse absurde.

Sur un avion de ligne bourré de kérosène, chaque réacteur (4 sur un avion de ce type) consomme 2600 litres de kérosène par heure. Schéma Picbleu®

Conclusion : l'homme un prédateur aux effets visibles

41415 espèces animales et végétales en voie de disparition.

Le 12 septembre 2007, l'UlNC (Union internationale pour la conservation de la nature) avait publié son rapport alarmant : 41415 espèces animales et végétales (sur environ 1,75 million d'espèces connues) recensées par l'organisme sont en voie de disparition, souvent aggravée.

Tout un chacun peut observer les aléas climatiques de plus en plus fréquents et violents. Chaque automobiliste qui fait tous les jours à la même heure avec le même véhicule à moteur à explosion, au même endroit son trajet dans un bouchon peut constater que la combustion du diesel pue. Mais, ce qui est moins visible, c'est qu'il empoisonne l'eau, l'air et le sol.

Bref, le constat ressemble à la venue d'une apocalypse même si le calendrier Maya qui se terminait le 21 décembre 2012 avait été mal interprété. Dans ses vœux à la presse en 2008, l'ancien Premier ministre français avait souhaité aux journalistes « tout ce que la vie peut vous apporter de chaleur ». Compte tenu du réchauffement climatique (pardon changement climatique), ce sera probablement le vœu de l'État de l'époque qui sera le plus sûrement exaucé, et ce, dans la durée.


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