Développement durable : effet nul

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  • Rappel historique du développement de l'écologie.

    • La fin du GIEC.

    Le grenelle environnement.

    • Les vedettes médiatiques.

    • L'autorisation du maïs transgénique.

    • L'humanité se trouve à un moment crucial.

    • La fonte de la banquise Arctique.

    • L'éradication de la pauvreté et l'accés à l'eau potable.

    • Les émissions de gaz à effet de serre des différents pays.

    • Le transport maritime : des pollutions visibles.

    • Le transport aérien : un énorme pourvoyeur de gaz à effet de serre.

     

    Plus le temps passe, plus la société civile prend conscience de l’urgence de mettre en place une solidarité planétaire pour faire face aux grands bouleversements des équilibres naturels. Ainsi, au cours des années 1980, le grand public découvre les pluies acides, le trou dans la couche d’ozone, l’effet de serre, la déforestation, la fonte des glaciers, les aléas climatiques et la catastrophe de Tchernobyl !

      La fin du GIEC

    Faut-il dissoudre le GIEC ? Les manquements du GIEC n'instituent pas en vérité scientifique les thèses opposées et divergentes. Certains auteurs et articles parlent de mort du GIEC. Certaines personnes s’imaginent que l'invective suffit à exclure le rôle de l’activité humaine dans le réchauffement, cela rassure. Voir la suite...

      Rappel historique du développement de l'écologie.

    1968 : le 8 avril est fondé à Rome le Club de Rome. Association internationale et non politique réunissant des scientifiques, des humanistes, des économistes, des professeurs, des fonctionnaires nationaux et internationaux ainsi que des industriels de 53 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement.
    Les membres du Club ont pour objectif de chercher des solutions pratiques aux problèmes planétaires. Et surtout, conscients que le développement effréné de l'industrie et de l'activité économique dégrade dangereusement la planète, ils entendent lancer un cri d'alarme pour que chacun prenne conscience que la survie de la planète et de l'humanité est en cause. Ils veulent aussi sensibiliser les hauts dirigeants du monde aux enjeux en question.
    Le Club de Rome est un anti Davos, en quelque sorte, à moins que les réunions de Davos ne soient un anti Club de Rome.
    1968 : 22 avril départ d’événements qui secouent pratiquement toute la planète.
    1971, le Club de Rome lance un vrai pavé dans la marre en publiant Halte à la croissance. Face à la surexploitation des ressources naturelles liée à la croissance économique et démographique, cette association privée internationale créée en 1968, prône la croissance zéro. En clair, le développement économique est alors présenté comme incompatible avec la protection de la planète à long terme.
    1972  5 au 16 juin : C’est dans ce climat de confrontation et non de conciliation entre l’écologie et l’économie que se tient la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement humain, à Stockholm en Suède. Conférence qui sera à l’origine du premier vrai concept de développement durable, baptisé à l’époque écodéveloppement. Des personnalités comme Maurice Strong, organisateur de la Conférence, puis le professeur René Dubos, Barbara Ward et Ignacy Sachs, insistent sur la nécessité d’intégrer l’équité sociale et la prudence écologique dans les modèles de développement économique du Nord et du Sud. Il en découlera la création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) ainsi que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
    1972 3 au 14 juin : le Sommet sur l'environnement humain, organisé à Rio, Brésil, par les Nations Unies, met en garde les dirigeants de la planète sur l'épuisement des ressources naturelles.
    Les traités et engagements qui ont été dégagés lors de ce sommet sont:
    Le programme « Action 21 » qui comprend environ 2 500 recommandations - dont la plupart n'ont jamais été mises en pratique
    La Convention sur la diversité biologique
    La Convention-cadre sur les changements climatiques
    La Convention sur la lutte contre la désertification, la Déclaration sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts.
    La formule « agir local, penser global », employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972, est souvent évoquée dans les problématiques de développement durable. Cette formule démontre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques (qui contribuent à la découverte) et qui intègrent le caractère global du développement durable. En pratique, elle devrait se traduire par des approches systémiques (relatives à un système considéré dans son ensemble).
    1974 : en France, l'écologiste René Dumont est candidat aux élections présidentielles. Le mouvement écologique, qui est bien issu de 1968, se développe.
    1979 : le 28 mars, les pompes à eau de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island tombent en panne. Le refroidissement de la centrale n'est plus assuré, la pression et la température ne cessent de monter. De l'hydrogène se forme, le cœur de la centrale fond à 50 %. Le personnel est irradié, 600000 personnes sont évacuées.
    1980, l’UICN parle pour la première fois de Sustainable Development (traduit à l’époque par développement soutenable). Mais le terme passe presque inaperçu jusqu’à sa reprise dans le rapport de Gro Harlem Brundtland, Notre Avenir à tous, publié en 1987.
    1986 : c'est la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
    1987 : À l’époque Mme Gro Harlem Brundland, Premier ministre en Norvège et présidente de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, constata qu'en cinquante ans le niveau de vie d'une partie de l'humanité avait fortement évolué, mais au prix de dégâts écologiques considérables : déforestation,  pollutions,  catastrophes industrielles, désertification, menace à échéance de manquer d'eau et d'air. Elle lança un cri d'alarme, demanda aux gouvernements de prendre conscience des dangers et d'assurer un « développement durable ». Elle s’attacha à définir ce concept de Sustainable Development par « un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Depuis cette date, le concept de développement durable a été adopté dans le monde entier.
    1992 : Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement à Rio de Janeiro, Brésil. C'est le Sommet de la Terre qui institue l'Agenda 21, programme commun pour la mise en œuvre du développement durable au XXIe siècle, avec Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Convention sur la diversité biologique, accords sur la désertification et la pêche en haute mer. Quant au respect de ces conventions, rappelons que — un cas parmi tant d'autres — le Japon n'en tient aucun compte et qu'aucune convention n'a mis fin à la pêche de la baleine.
    1997 : Conférence des Nations Unies à Kyoto. Y participent 176 parties dont 36 pays industrialisés, 139 pays en développement et assimilés, tous les pays européens et la Communauté européenne. Le sommet se conclut par un accord sur le principe de quotas d'émissions polluantes pour les pays industrialisés à partir de 2008. C'est-à-dire qu'en dix ans l'accord de principe n'a été suivi d'aucun effet concret. Les États-Unis d'Amérique, premier pollueur de la planète, n'ont pas ratifié les propositions du sommet.
    Le Protocole de Kyoto vise à lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz carbonique.
    2002 : Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud). 22000 participants, 100 chefs d'État et de gouvernement, des délégués de 193 pays, des ONG, des milliers de journalistes : 50000 congressistes au total. Résultats : volonté de baisser les émissions de gaz à effet de serre de 5,2 %, au cours des dix prochaines années, et de rapprocher les gouvernements et les habitants pour mettre en place des actions communes.
    Un échec de ce sommet était redouté, ce ne fut pas exactement le cas mais Colin Powell, le délégué américain était hostile à toute mesure qui réduirait l'expansion des États-Unis.
    Le sommet a adopté un plan d'action en 153 articles, décomposés en 615 alinéas sur de nombreux sujets : pauvreté, consommation, ressources naturelles, globalisation, respect des Droits de l'homme... Les thèmes prioritaires étaient :
    - L’eau (évolution des ressources en eau, nécessité d'une consommation rationnelle, assainissement de l'eau, répartition...)
    - L’énergie (état et évolution de la consommation, surconsommation, répartition, utilisation des énergies renouvelables, telles que solaires et éoliennes)
    - La productivité agricole (régression et dégradation des sols...)
    - La biodiversité
    - La santé

    Ricardo Navarro, président de l'association Les Amis de la Terre, a déclaré que le Sommet de 2002 était une trahison : « Après neuf jours de marchandages, il accouche en tout et pour tout de deux nouveaux engagements en faveur de l'environnement et de la lutte contre la pauvreté. »
    Ce Sommet mondial aura, en revanche, contribué à aggraver la pollution de l'air avec la quantité d'oxygène et de kérosène brûlé par les allers et retours des avions gros porteurs utilisés par les 50000 congressistes. Il semble évident que la pollution de l'air que tous les sommets sur le développement durable provoque et dont le nombre de congressistes ne cesse de croître, est plus important que sa réduction. À se demander si la survie de la planète ne serait pas mieux assurée en supprimant ces sommets mondiaux, qui coûtent de plus en plus cher et déplacent de plus en plus de monde pour ne produire que des souhaits sans effet.

    2002 : La directive européenne efficacité énergétique –  Obligation aux pays membres de prendre des dispositions réduisant les consommations énergétiques.
    Plan Climat– 2004  Objectif : en France, diviser les émissions de CO2 par 4 d’ici à 2050.
    2005 : Loi POPE  En application de la directive européenne sur l’efficacité énergétique, ce Programme d’Orientation de la Politique Energétique de la France a pris un certain nombre de mesures : RT 2005, DPE, certificats d’énergie, RT existant.
    2007 : Sommet européen des chefs d’Etat -  Objectifs ratifiés :
    - 20 % de réduction des émissions de CO2,
    - 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique,
    - 20 % de production d’énergie primaire de source renouvelable, à l’horizon 2020.

    2009 : conférence de Copenhague sur le climat

    2010 : conférence de Cancun sur le climat
    2012 : du 20 au 22 juin : conférence des nations unies sur le développement durable (nouveau sommet de la terre à Rio au Brésil)
     

      Le grenelle environnement.

    À l'automne 2007, lors du « Grenelle environnement », tout le monde s'est félicité de l’avancée des prises de décisions environnementales. L’on s'est même félicité de l'interdiction des OGM (organismes génétiquement modifiés) en France. Avant de s'apercevoir que cette interdiction n'était valable que jusqu'en février 2008, et qu'il est rare que l’on sème entre octobre et février. Puis après quelques mois, l’on s'est aperçu que les mesures adoptées n'avaient pas été prises en compte par le budget de l'État.

      Les vedettes médiatiques présentes à Grenelle.

    En France, lors du Grenelle environnement, il y avait beaucoup de vedettes médiatiques, des médias, de la télévision, de la presse et de la librairie. Personne ne s'attendait à ce que ces célébrités fassent une grève de la faim pour l'argument écologique. Albert Camus citant Galilée, qui avait abjuré sans hésiter la vérité d'importance qu'il avait découverte — c'est la Terre qui tourne autour du soleil et non le contraire — avait déclaré qu'il n'avait jamais vu personne mourir pour l'argument ontologique (l'existence de Dieu). 
    C'est finalement Monsieur José Bové qui avait qualifié la réunion de Grenelle de « mascarade » qui fit  la grève de la faim avec seize de ses compagnons, le 3 janvier 2008, après avoir accompli à pied, avec 170 autres personnes, le trajet Chartres-Paris. Par la suite, 3000 marcheurs supplémentaires étaient présents à l'arrivée dans la capitale mais aucune autre vedette médiatique ne les avait rejoints.

     

    José Bové
    José Bové faucheur volontaire de maïs OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).

    Cette grève de la faim a cessé, le 12 janvier 2008, lorsque le gouvernement a ordonné le moratoire sur les OGM, en attendant la décision de la commission de l'Union européenne, après la publication du rapport des experts. Lequel a entraîné une nouvelle polémique, entre experts cette fois. Selon les uns, le maïs transgénique 810 de Monsanto n'aurait pas contaminé les champs au-delà d'une centaine de mètres, selon d'autres on en aurait retrouvé des traces à plus de cent kilomètres ! Certains experts auraient accusé  le président de leur comité d'avoir donné un compte rendu non conforme des travaux. Le Grenelle environnement semble ainsi avoir assuré la publicité des vedettes qui y participaient bien davantage que la défense de l'environnement.

      L'autorisation du maïs transgénique.

    Le MON810 est le seul OGM cultivé dans l'UE. Il y a été homologué en 1998, pour dix ans. Le renouvellement de cette autorisation est en cours d'évaluation.

    José Manuel Barroso

    La décision finale, prise par le président de la commission, le Portugais José Manuel Barroso, ancien maoïste rallié au libéralisme et à l'OTAN, a été d’autoriser le maïs transgénique 810 de Monsanto.

    Les experts en OGM de l'Autorité européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) ont conclu que le maïs 810 est sans risques pour la santé humaine et animale et ne constitue pas une menace pour l'environnement, si des mesures appropriées sont prises pour éviter une contamination des lépidoptères." Cet avis de l'Autorité européenne, rendu public le mardi 30 juin 2009, devrait permettre à la Commission de Bruxelles de proposer aux Vingt-Sept de renouveler l'autorisation accordée en 1998 pour l'importation et la culture de ce maïs génétiquement modifié de la firme Monsanto.
    La décision reviendra toutefois aux Etats membres, qui devront se prononcer par un vote à la majorité qualifiée. Jusqu'à ce jour, cette majorité n'a jamais été trouvée.

    Maïs transgénique

    Six pays européens – l'Allemagne, la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg – ont suspendu la culture de cette variété de maïs conçue pour résister à un papillon nuisible, la pyrale, en raison des incertitudes entourant ses éventuelles conséquences sur la santé et l'environnement dues de la dissémination.

    Même après l'avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA ou AESA), indiquant que ce maïs ne présente aucun risque ou problème pour l'environnement et la santé humaine, douze États membres, dont la France, ont fait part de leur préoccupation à l'EFSA et six États membres en ont interdit la culture sur leurs territoires sur la base d'études scientifiques de haut niveau. Le clash entre la Commission européenne et les États membres aura bien lieu.
    « Une fois de plus, l'EFSA se voile la face et choisit d'ignorer les preuves scientifiques relatives aux effets négatifs sur l'environnement de ce maïs pesticide. Ceci est d'autant plus grave que la Commission européenne, bien loin d'assurer son rôle de gestionnaire des risques et de prendre en compte l'incertitude scientifique, ne se base que sur l'avis de cette seule agence ! Des scientifiques indépendants ont sérieusement mis en cause la qualité du dossier sur le MON810 soumis par Monsanto, ainsi que le travail d'évaluation de l'EFSA. L'avis de l'EFSA est donc un feu vert donné à un conducteur sans permis dans une voiture non assurée... Absurde et dangereux ! » s'interroge Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France.

    Dix-huit ministres de douze États membres, lors d'une initiative sans précédent, ont adressé à l'autorité une lettre expliquant leurs inquiétudes concernant les impacts du MON810 sur les insectes non ciblés. Rien dans l'avis publié aujourd'hui par l'EFSA ne porte à croire que ces éléments aient été pris en compte.
    Lors du Conseil européen de l'environnement en décembre 2008, les ministres avaient appelé à l'unanimité à une réforme des procédures d'autorisation des OGM dans l'Union européenne. Les ministres avaient demandé à ce que les impacts à long terme des OGM sur l'environnement et la santé soient davantage pris en compte, comme l'exige d'ailleurs la loi européenne. De son propre aveu, l'EFSA n'est actuellement pas en mesure d'évaluer correctement l'impact environnemental des OGM à long terme. La Commission européenne lui a donné jusqu'en avril 2010 pour se conformer au cadre légal.
    « Comment l'EFSA peut-elle donner un avis positif sur un renouvellement de l’autorisation du MON810, alors qu'elle reconnaît elle-même être dans l'incapacité d'évaluer correctement les impacts à long terme des OGM ?
     Dans l'attente d'une réforme des procédures d'évaluation, cette prétendue autorité doit arrêter de donner des avis sur des plantes transgéniques et la Commission doit cesser de les autoriser ! » Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France.

    Affiche Greenpeace
    Ci-dessus l'autocollant pour la campagne anti OGM pour Greenpeace France.
      L'humanité se trouve à un moment crucial.

    « L'humanité se trouve à un moment crucial de son histoire ». Telle était la première phrase du rapport final du sommet de Rio en 1992. Le bref rappel historique précédent montre l'impressionnante collection de recommandations et de décisions des sommets de la Terre. Cette revue des vœux pieux étant faite, que se passe-t-il sur le terrain ? Aux États-Unis, le président Bush avait signé une loi qui obligeait les constructeurs à faire progresser de 40 % l'efficacité énergétique de leurs véhicules afin d'atteindre la consommation de carburant à l'équivalent d'un litre aux 15 km. Paradoxalement, cette loi fédérale empêche l'application des lois locales contre la pollution automobile. Onze États, le gouverneur de la Californie et des associations de défense de l'environnement ont porté plainte contre l'État fédéral qui a fait perdre deux ans, à la Californie, pour faire appliquer les lois locales contre la pollution automobile. L'affaire n'est pas près d'être close.

    Après des années de dénégation d'experts scientifiques, le rapport de 2007 a établi la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. M. Bush avait donc invité en septembre 2007, à Washington, les 16 principaux pays pollueurs de la planète, qui émettent 90 % des gaz à effet de serre : États-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Chine, Inde, Indonésie, Corée du Sud, Mexique, Brésil, Afrique du Sud et Australie, ainsi que les représentants des Nations unies, de la présidence européenne et de la Commission. Fait marquant : l'Europe, à cette occasion, aura donc pollué l'air des États-Unis plus que tout autre pays, puisque ses représentants étaient pratiquement trois fois plus nombreux que ceux des autres pays.

    Les ONG écologistes et des diplomates européens soulignent que Washington pourrait ainsi tenter de « piloter un processus parallèle à celui de l'ONU », centré sur les technologies et des accords volontaires, et sans engagement contraignant de diminution des émissions. Les États-Unis n'ayant pas ratifié le protocole de Kyoto.
    Selon une étude de la NASA et de l'Université du Kansas, publiée dans la revue américaine Science, la disparition des glaces du Groenland a doublé entre 1996 et 2005 avec l'accélération du mouvement de déversement de glace dans l'Atlantique sous l'effet du réchauffement mondial des climats : en dix ans, la moitié des glaces du Groenland ont fondu.
    Le rapport dit que l'érosion des glaciers du Groenland, en un siècle, a été massive, généralisée et soutenue dans le temps. La calotte glacière en est affectée dans son intégralité et son impact sur l'élévation du niveau de la mer augmente. Des chercheurs, Éric Rignot, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, Californie, et Pannir Kanagaratnam, du Centre de télésurveillance des calottes polaires de l'Université du Kansas, ont conduit - en utilisant les données de satellites canadiens et européens - une étude quasi complète du débit de glace provenant des glaciers du Groenland à différentes périodes au cours des dix dernières années.

      La fonte de la banquise Arctique.

    La fonte de la banquise arctique, le signe le plus visible jusqu'à présent du réchauffement planétaire constitue l'un des développements les plus menaçants à ce jour dans le commencement du changement climatique. Deux études séparées de la NASA, utilisant différentes technologies de surveillance par satellite, montrent une très grande accélération, depuis deux ans, de la disparition de la couche de glace arctique.

    Selon Eric Rignot « Le rôle que joue la calotte glacière du Groenland dans le niveau de la mer est d'une importance considérable tant au niveau sociétal que scientifique »
    Cette étude offre une évaluation détaillée du rôle du déversement accru de glaces polaires contrairement aux études antérieures similaires contenant de nombreuses lacunes. En conclusion, le rapport annonce un accroissement de la perte de glace et une élévation du niveau de la mer. A noter que, au pôle sud, dans l'Antarctique, selon la revue Nature Geoscience, ce ne sont pas 50 mais 75 % des glaces qui ont fondu en dix ans. En 2006, environ 192 milliards de mètres cubes de glaces ont disparu, quantité suffisante pour noyer sous 4,6 mètres d'eau l'ensemble des Pays-Bas.
    Dans leur dernier rapport de 2007, les experts internationaux sur le climat (GIEC), ont renoncé à extrapoler la hausse maximale du niveau des océans à la fin du siècle, du fait des incertitudes pesant sur la rapidité de la fonte des glaces du Groenland (Arctique, pôle nord) et de l'Antarctique (pôle sud). Le niveau de la mer augmenterait de 1,40 mètre d'ici à un siècle. L'élévation minimale a été fixée à 18 centimètres jusqu'à la fin du siècle par le GIEC, qui a renoncé à maintenir la limite maximum, auparavant fixée à 59 centimètres. Selon le Climate Institut australien, le niveau des mers pourrait monter en cent ans de 1,40 mètre.
    Les scientifiques de la NASA et du Columbia University  Earth Instituts estiment que le climat de la planète pourrait franchir prochainement le point de non-retour. Tout nouveau réchauffement suffirait à faire fondre les calottes glaciaires de l'Arctique et de l'Antarctique Ouest. Les désastres se produiraient alors en cascades sur tous les continents. Recul des côtes, réduction des surfaces émergées : « Le monde des humains serait en péril », concluent-ils.

      L'éradication de la pauvreté et l'accés à l'eau potable.

    Lors du sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud) l'éradication de la pauvreté et l'accès à l'eau potable était un vœu pieu pour 2015, afin que toutes les populations aient enfin accès au minimum vital. Quant à la part faite aux énergies renouvelables, elle est « plus faible qu'espéré du fait de l'opposition des pays en développement producteurs de pétrole ». 

    Cette réaction de ces pays en voie de développement est bien humaine pour tout faire pour empêcher l'exploitation de ressources, concurrentes des leurs et qui peuvent ruiner leurs sources de revenus.
    Les objectifs du Plan d'action étaient de traduire en acte, avec des calendriers et des budgets, les bonnes intentions affichées dix ans plus tôt à Rio : quelque 2500 recommandations constituant l'Agenda 21... Le résultat est quasi nul.

    Le Plan d’action évoque, en 65 pages, de nombreux thèmes : énergies renouvelables, biodiversité, aide aux pays en développement, etc. Sur les 152 points abordés, un seul avance un objectif chiffré : diminuer de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes sans eau potable ni assainissement adéquat (1,3 milliard d'êtres humains n'ont pas d'accès à l'eau potable et 2,4 n'ont pas de moyens d'assainissement). Actuellement, la crise qui frappe la planète a rendu impossible ce calendrier.

     

      Les émissions de gaz à effet de serre des différents pays.

    Que va-t-il se passer quand plusieurs centaines de millions, puis un milliard d'automobiles supplémentaires rouleront en Chine et en Inde ? Quand 3500 Airbus supplémentaires et au moins autant de Boeing vont être mis en circulation dans les quatre ans qui viennent par les compagnies aériennes ? Quand une dizaine de centrales nucléaires EPR vont entrer en service ? Actuellement, 439 centrales nucléaires existent sur la planète 

    Pourquoi, en dépit de tous ces sommets ainsi que de la prise de conscience générale des menaces qui pèsent sur la survie de la planète, les résultats sont-ils voisins de zéro ?

    Le développement industriel accéléré n'est pas compatible avec la protection de l'environnement ni même avec la survie de la Planète. Il y a là une contradiction que les responsables ont refusé de voir. Ce problème est d'autant moins soluble aujourd'hui que, depuis 1968 — création du Club de Rome —, les intérêts privés n'ont essentiellement rien fait d'autre qu'accroître de manière quasi exponentielle la pollution.

    Le monde accuse quarante ans de retard.
    Les pays en voie de développement accéléré (Chine et l'Inde) veulent poursuivre leur expansion. C'est également le cas de la Russie dont on connait le peu d'intérêt pour l'écologie (quantité de sous-marins nucléaires pourrissants dans ses mers nordiques, centrales nucléaires moribondes type Tchernobyl.

    L'incertitude des prix du pétrole et le mouvement de son prix en yoyo va contraindre la Chine et l'Inde à recourir davantage au charbon, beaucoup moins cher, mais extrêmement polluant. La Chine a acheté à la France deux réacteurs nucléaires EPR. L'Inde et la Lybie sont également sur les rangs ainsi que l'Arabie Saoudite, rendue prudente par la crise américaine des prêts non garantis de l'immobilier (crise des « subprime »), sur les 40 milliards de contrats qui devaient être signés à Riyad.

    Paradoxalement, le sauveur de la Planète sera l'épuisement des ressources pétrolières. Au rythme de la consommation actuelle, d'après les économistes qui confondent parfois les réserves prouvées et les réserves probables nous disposerions d'environ 20 à 40 ans de pétrole, 40 à 60 ans de gaz et 270 ans de charbon en pratique la consommation effrénée d'énergie nous contraindra bien plus tôt à respecter la planète.

     

    Emissions-gaz à effet de serre-mondiales

    Selon une étude de l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'intensité énergétique de l'Europe est inférieure de 30 % à celle des États-Unis, de 40 % à celle de la Chine et jusqu'à trois fois inférieure à celle des pays de l'ex-URSS et du Moyen-Orient. L'objectif des pays européens est que, d'ici à 2020, 20 % de l'énergie consommée soit issue des énergies renouvelables. Dans le même temps, l'Europe a pour objectif de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

       Le transport maritime : un énorme pollueur aux effets parfois visibles :
    Trajet de l'Erika
     

    Ci-dessus, le trajet de l'Erika, bateau pétrolier affrété par la société Française Total. Avant le 16 janvier 2008, aucun tribunal français n'avait reconnu le préjudice écologique — destruction d'oiseaux, de poissons, de mammifères, etc. —. Ce n'est pas la destruction des huîtres, en tant que telles qui ont indemnisées, c'est le préjudice financier des ostréiculteurs. La société Française Total a finalement été condamnée le 16 janvier 2008 et le préjudice écologique reconnu.

      Le transport aérien : un énorme pourvoyeur de gaz à effet de serre :
     

    Sur un avion de ligne, chaque réacteur (4 sur un avion de ce type) consomme 2600 litres de kérosène par heure.   Schéma ACQUALYS ®

    Un aller-retour Lyon-Rlo de Janeiro en avion pour deux personnes produit l'équivalent de 9 662 kg de C02.

    900 avions traversent l'Atlantique tous les jours et consomment en moyenne 2600 litres de l'heure de kérosène par réacteur.

    Le 12 septembre 2007, l'UlNC (Union internationale pour la conservation de la nature) a publié son rapport alarmant : 41415 espèces animales et végétales (sur environ 1,75 million d'espèces connues) recensées par l'organisme sont en voie de disparition, souvent aggravée.
    Bref, le constat ressemble à la venue d'une apocalypse (le calendrier Maya ne se termine t-il pas en 2012 ?). Dans ses vœux à la presse en 2008, le Premier ministre Français avait souhaité aux journalistes « tout ce que la vie peut vous apporter de chaleur ». Compte tenu du réchauffement climatique, ce sera probablement le vœu de l'État qui sera le plus sûrement exaucé.

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