Environnement

Développement durable : effet nul sans effort de tous

Plus le temps passe, plus la société civile prend conscience de l’urgence de mettre en place une solidarité planétaire pour faire face aux grands bouleversements des équilibres naturels. Ainsi, au cours des années 1980, le grand public découvre les pluies acides, le trou dans la couche d’ozone, l’effet de serre, la déforestation, la fonte des glaciers, les aléas climatiques et la catastrophe de Tchernobyl ! (Article rédigé en 2005 et remis à jour).

  1. Faut-il dissoudre le GIEC ?
  2. Rappel du développement de l'écologie

Faut-il dissoudre le GIEC ? 

Les manquements du GIEC n'instituent pas en vérité scientifique les thèses opposées et divergentes. Certains auteurs et articles parlaient même de mort du GIEC. Certaines personnes s’imaginaient que l'invective suffit à exclure le rôle de l’activité humaine dans le réchauffement, car cela les rassure...

Rappel du développement de l'écologie 

Un historique qui démontre que malgré les mises en garde et les coûteuses réunions humaines rien n'est fait pour limiter le réchauffement dont les effets sont de plus en plus visibles.

  • 1968 : le 8 avril est fondé à Rome le Club de Rome. Association internationale et non politique réunissant des scientifiques, des humanistes, des économistes, des professeurs, des fonctionnaires nationaux et internationaux ainsi que des industriels de 53 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement. Les membres du Club ont pour objectif de chercher des solutions pratiques aux problèmes planétaires. Et surtout, conscients que le développement effréné de l'industrie et de l'activité économique dégrade dangereusement la planète, ils entendent lancer un cri d'alarme pour que chacun prenne conscience que la survie de la planète et de l'humanité est en cause. Ils veulent aussi sensibiliser les hauts dirigeants du monde aux enjeux en question. Le Club de Rome est un anti Davos, en quelque sorte, à moins que les réunions de Davos ne soient un anti Club de Rome.
  • 1968 : 22 avril départ d’événements qui secouent pratiquement toute la planète.
  • 1971, le Club de Rome lance un vrai pavé dans la marre en publiant Halte à la croissance. Face à la surexploitation des ressources naturelles liée à la croissance économique et démographique, cette association privée internationale créée en 1968, prône la croissance zéro. En clair, le développement économique est alors présenté comme incompatible avec la protection de la planète à long terme.
  • 1972 (5 au 16 juin) : C’est dans ce climat de confrontation et non de conciliation entre l’écologie et l’économie que se tient la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement humain, à Stockholm en Suède. Conférence qui sera à l’origine du premier vrai concept de développement durable, baptisé à l’époque écodéveloppement. Des personnalités comme Maurice Strong, organisateur de la Conférence, puis le professeur René Dubos, Barbara Ward et Ignacy Sachs, insistent sur la nécessité d’intégrer l’équité sociale et la prudence écologique dans les modèles de développement économique du Nord et du Sud. Il en découlera la création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) ainsi que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). 1972 3 au 14 juin : le Sommet sur l'environnement humain, organisé à Rio, Brésil, par les Nations Unies, met en garde les dirigeants de la planète sur l'épuisement des ressources naturelles. 1972 a été la première réelle prise de conscience collective sérieuse pour la planète, mais le pétrole abondant et bon marché entraînait âge d’or du brut. Aucune action concrête n'a donc été prise.

Les traités et engagements qui ont été dégagés lors de ce sommet sont :

  1. Le programme « Action 21 » qui comprend environ 2 500 recommandations - (dont la plupart n'ont jamais été mises en pratique).
  2. La Convention sur la diversité biologique
  3. La Convention-cadre sur les changements climatiques
  4. La Convention sur la lutte contre la désertification, la Déclaration sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts. La formule « agir local, penser global », employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972, est souvent évoquée dans les problématiques de développement durable. Cette formule démontre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques (qui contribuent à la découverte) et qui intègrent le caractère global du développement durable. En pratique, elle devrait se traduire par des approches systémiques (relatives à un système considéré dans son ensemble).
  • 1974 : en France, l'écologiste René Dumont est candidat aux élections présidentielles. Le mouvement écologique, qui est bien issu de 1968, se développe.
  • 1979 : le 28 mars, les pompes à eau de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island tombent en panne. Le refroidissement de la centrale n'est plus assuré, la pression et la température ne cessent de monter. De l'hydrogène se forme, le cœur de la centrale fond à 50 %. Le personnel est irradié, 600000 personnes sont évacuées.
  • 1980, l’UICN parle pour la première fois de Sustainable Development (traduit à l’époque par développement soutenable). Mais le terme passe presque inaperçu jusqu’à sa reprise dans le rapport de Gro Harlem Brundtland, Notre Avenir à tous, publié en 1987. 1986 : c'est la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
  • 1987 : À l’époque Mme Gro Harlem Brundland, Premier ministre en Norvège et présidente de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, constata qu'en cinquante ans le niveau de vie d'une partie de l'humanité avait fortement évolué, mais au prix de dégâts écologiques considérables : déforestation, pollutions, catastrophes industrielles, désertification, menace à échéance de manquer d'eau et d'air. Elle lança un cri d'alarme, demanda aux gouvernements de prendre conscience des dangers et d'assurer un « développement durable ». Elle s’attacha à définir ce concept de Sustainable Development par « un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Depuis cette date, le concept de développement durable a été adopté dans le monde entier.
  • 1992 : Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement à Rio de Janeiro, Brésil. C'est le Sommet de la Terre qui institue l'Agenda 21, programme commun pour la mise en œuvre du développement durable au XXIe siècle, avec Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Convention sur la diversité biologique, accords sur la désertification et la pêche en haute mer. Quant au respect de ces conventions, rappelons que — un cas parmi tant d'autres — le Japon n'en tient aucun compte et qu'aucune convention n'a mis fin à la pêche de la baleine.
  • 1997 : Conférence des Nations Unies à Kyoto. Y participent 176 pays dont 36 pays industrialisés, 139 pays en développement et assimilés, tous les pays européens et la Communauté européenne. Le sommet se conclut par un accord sur le principe de quotas d'émissions polluantes pour les pays industrialisés à partir de 2008. C'est-à-dire qu'en dix ans l'accord de principe n'a été suivi d'aucun effet concret. Les États-Unis d'Amérique, premier pollueur de la planète, n'ont pas ratifié les propositions du sommet. Le Protocole de Kyoto vise à lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz carbonique.
  • 2002 : Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud). 22 000 participants, 100 chefs d'État et de gouvernement, des délégués de 193 pays, des ONG, des milliers de journalistes : 50000 congressistes au total. Résultats : volonté de baisser les émissions de gaz à effet de serre de 5,2 %, au cours des dix prochaines années, et de rapprocher les gouvernements et les habitants pour mettre en place des actions communes.

Un échec de ce sommet était redouté

Ce ne fut pas exactement le cas, mais Colin Powell, le délégué américain était hostile à toute mesure qui réduirait l'expansion des États-Unis.
Le sommet a adopté un plan d'action en 153 articles, décomposés en 615 alinéas sur de nombreux sujets : pauvreté, consommation, ressources naturelles, globalisation, respect des Droits de l'homme...

Les thèmes prioritaires étaient :

  1. L’eau (évolution des ressources en eau, nécessité d'une consommation rationnelle, assainissement de l'eau, répartition...).
  2. L’énergie (état et évolution de la consommation, surconsommation, répartition, utilisation des énergies renouvelables, telles que solaires et éoliennes).
  3. La productivité agricole (régression et dégradation des sols...).
  4. La biodiversité.
  5. La santé

« le Sommet de 2002 était une trahison »

Ricardo Navarro, président de l'association Les Amis de la Terre, a déclaré que le Sommet de 2002 était une trahison : « Après neuf jours de marchandages, il accouche en tout et pour tout de deux nouveaux engagements en faveur de l'environnement et de la lutte contre la pauvreté. »

50 000 congressistes pollueurs

Ce Sommet mondial aura, en revanche, contribué à aggraver la pollution de l'air avec la quantité d'oxygène et de kérosène brûlé par les allers et retours des avions gros porteurs utilisés par les 50 000 congressistes. Il semble évident que la pollution de l'air que tous les sommets sur le développement durable provoquent et dont le nombre de congressistes ne cesse de croître est plus important que sa réduction. À se demander si la survie de la planète ne serait pas mieux assurée en supprimant ces sommets mondiaux, qui coûtent de plus en plus cher et déplacent de plus en plus de monde pour ne produire que des souhaits sans effet.

  • 2002 : La directive européenne efficacité énergétique – Obligation aux pays membres de prendre des dispositions réduisant les consommations énergétiques.
  • 2004 Plan Climat– 2004 Objectif : en France, diviser les émissions de CO2 par 4 d’ici à 2050.
  • 2005 : Loi POPE En application de la directive européenne sur l’efficacité énergétique, ce Programme d’Orientation de la Politique énergétique de la France a pris un certain nombre de mesures : RT 2005, DPE, certificats d’énergie, RT existant.
  • 2007 : Sommet européen des chefs d’État 

Objectifs ratifiés par le Sommet européen des chefs d’État  : 

  1. 20 % de réduction des émissions de CO2,
  2. 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique,
  3. 20 % de production d’énergie primaire de source renouvelable, à l’horizon 2020.

 

  • 2009 : conférence de Copenhague sur le climat.
  • 2010 : conférence de Cancun sur le climat.
  • 2012 : du 20 au 22 juin : conférence des nations unies sur le développement durable (nouveau sommet de la terre à Rio au Brésil).
  • 2015 : Conférence de Paris sur les changements climatiques. Le dernier espoir de parvenir à éviter une catastrophe. Les accords de Paris prévoyaient de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°, limiter les rejets de gaz à effet de serre pour parvenir à la neutralité carbone, et offrir une aide de 100 milliards de dollars par an aux pays en voie de développement.
  • 2016 : COP 22 à Marrakech Son but était d'appliquer par des actes concrets les décisions entérinées à Paris et trouver des solutions pour l’avenir de la planète : l’eau se raréfiant.
  • 2018 La COP24 s'est déroulée à Katowice en Pologne du 3 au 14 décembre. Aucun nouveaux engagements avec les réticences de l'Arabie Saoudite, des Etats-Unis, du Koweit et de la Russie. Aucune délégation américaine participante seul le conseiller du président Trump a fait le déplacement dans le seul but de faire la promotion d'énergie frtement émettrices de CO2. Son discours vantant les mérites des énergies fossiles et de l'énergie nucléaire. 50 manifestants présents l'ont conspué. Fait marquant. Est apparue une jeune militante écologiste suédoise de 15 ans : Greta Thunberg qui protestait contre l'inaction des politiques face au réchauffement climatique.
  • 2019 COP 25. Conférence de Madrid du 2 au 14 décembre 2019. La déclaration finale n'a pas montré de réelles avancées. Elle devait pourtant ouvrir la voie pour la COP 26 à Glasgow où les États parties à l’accord de Paris doivent annoncer des contributions nationales à l’atténuation du réchauffement climatique plus ambitieuses que celles présentées en 2015 lors des accords de Paris.
  • 2020 COP 26 du 9 au 19 novembre 2020. Nouvelle conférence internationale organisée par les Nations unies sur les changements climatiques à Glasgow, en Écosse.
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