Environnement

La forêt doit être protégée en France métropolitaine

Date de mise à jour : 03/01/2021
Temps de lecture : 6 minutes

La forêt française qui couvre 17 millions d’hectares soit 31 % du territoire national est menacée. De multiples maux déciment nos précieux arbres : sécheresses, attaques parasitaires, risques d’incendies, accroissement de plantations d'une seule essence à faible naturalité la rend plus vulnérable aux différents ravageurs.

Les 5 risques qui planent sur les forêts

Les risques sont importants essentiellement liés à l'activité humaine :

    • 1 Les insectes et les micro-organismes
    • 2 Les incendies de forêt (44 %)
    • 3 La pollution (01 %)
    • 4 L'urbanisation (11 %) Autoroutes et infrastructures routières, création de centres commerciaux et industriels, lotissements, agrandissement des zones urbaines, etc.
    • 5 L'utilisation abusive des arbres.

Le travail des associations

L’adaptation des forêts au changement climatique, les sécheresses à répétition, la crise des scolytes est une préoccupation de FIBOIS BFC, une association qui a pour objet de développer la production, la mobilisation, l’exploitation, l’utilisation, la transformation et la promotion du bois dans la région Bourgogne-Franche-Comté. 

FIBOIS BFC a réalisé plusieurs vidéos explicatives ci-dessous.

Les insectes et les micro-organismes

La mondialisation bète et féroce a intensifié les échanges commerciaux internationaux. Les porte contenairs remplissent leurs balasts d'eau de mer lors du retour à vide et transmettent des bactéries d'un endroit de la planète à un autre. Ces allers-retours incessants et souvent inutiles ont permis aux insectes et de micro-organismes de migrer partout.

  • Les insectes ravageurs comme les pyrales, lépidoptères ravageurs, Pyralidae, Crambidae, les cynips, le capricorne, le bombyx, agrile, cécidomyie, nématode, etc.
  • Les micro-organismes pathogènes comme la chalarose, l'encre, le chancre, le phytophtoras, la bactérie Xylella fastidiosa, etc.

Les incendies de forêt

Le réchauffement climatique, l'urbanisation, la cupidité humaine font que des milliers d'hectares disparaïssent chaque année.

L'utilisation abusive des arbres

  • Le gouvernement s'est fixé l'objectif de porter à au moins 23 % la consommation d'énergie produite à partir d'énergies renouvelables.
  • L'énergie produite à partir du bois est anormalement mise en avant au détriment de l'éolien ou du solaire deux énergies véritablement renouvelables.

Les industriels sont des catastrophes écologiques

Chaque fois qu'une bonne idée émerge, des dérives financières émergent, ainsi les pouvoirs publics ont subventionné de trop nombreux projets de chaufferies collectives.

Avec des appels d'offres « CRE Biomasse », ils ont également incité la construction d'immenses centrales à biomasse de cogénération pour la production de chaleur et d'électricité à partir du bois en permettant de vendre l'électricité produite à EDF à un tarif d'achat préférentiel. Les énormes centrales biomasses ont besoin d'une énorme quantité de bois.

La centrale thermique de Gardanne est la plus grosse centrale biomasse de France, elle brûle 850.000 tonnes de bois par an 50% provient de l'étranger notamment du Canada, car la filière bois énergie Française ne peut pas pas fournir autant d'arbres qui seront gaspillés, seul 1.5 arbre sur 10 sert à la production électrique, le reste part en chaleur non récupérée.

La forêt en France métropolitaine.

  • La forêt représente 155 000 km2 du territoire français, soit un taux de boisement de 28,2 % qui avait fortement augmenté depuis le XIXe siècle grâce à d'importants efforts de reboisement.
  • Le taux de boisement est égal à la surface des forêts rapportée au territoire national (Source : Inventaire forestier national).

Schéma ci-dessous, le volume de bois vivant sur pied à l’hectare est en moyenne de 161 mètres cubes. Ce volume est plus élevé en forêt publique (184 m/ha) qu’en forêt privée (154 m/ha) et dépasse les 200 m/ha en Alsace, en Auvergne et en Franche-Comté.

Bois sur pied France inventaire forestier IGN 2013

L'Aquitaine : une moyenne régionale inférieure à 120 m/ha

Par contre pour la forêt d'Aquitaine, en raison du mode de gestion des peuplements forestiers et des deux tempêtes climatiques successives* (qui ont amené en raison d'une énorme quantité d'arbres abattus au développement des cultures, de l'emprise au sol de panneaux photovoltaïques) possède une moyenne régionale inférieure à 120 m/ha.

La région méditerranéenne a une moyenne basse en raison de conditions de milieu moins favorables et d'une urbanisation importante.

* La forêt française a fortement souffert des deux tempêtes des 26 et 27 et 28 décembre 1999 qui ont abattu l'équivalent de sept années d’abattage puis de celle du 23 et 24 janvier 2009 qui a occasionné des dégâts supérieurs.

Les principales variétés d'arbres.

La forêt française produit 103 millions de m3 de bois par an.

Les feuillus représentent environ 63 % du total (volume sur pied) : Variétés dominantes 27 % (le chêne rouvre 12 %, le chêne pédonculé 11 %, le chêne pubescent 4 %, le hêtre 11 %, le châtaignier 5 %, et le charme 4 %).
Les résineux représentent environ 37 % du total (volume sur pied) : l'épicéa commun 8 %, le pin maritime 7 %, le sapin pectiné 7 %, et le pin sylvestre 6 %. 10 % des forêts sont des forêts domaniales, propriété privée de l'État.


Le restant est la propriété des collectivités locales principalement les communes, mais aussi les départements et les régions.

Ces forêts publiques sont gérées par l'Office national des forêts elles sont essentiellement de statut privé. Elles sont d’une grande diversité tant du point de vue de leur structure que de leur composition spécifique.

Schéma ci-dessous : les principales variétés d'essences de la forêt française

Variétés essences forêt Francaise. Doc Acqualys

Les forêts d'Aquitaine

Elles constituent la 1ère région forestière française :

1 800 000 ha boisés (taux de boisement 43 %)
1 500 000 ha de forêt privée
24 200 propriétés de plus de 10 ha représentant 1 000 000 hectares

Le nombre d'essences.

Le pin maritime : 158 millions de m3 sur pied - 900 000 ha
Les chênes (pédonculé et rouvre) : 39 millions de m3 sur pied
Le châtaignier : 16 millions de m3 sur pied
L'aulne : 3,5 millions de m3 sur pied
Le robinier : 2,8 millions de m3 sur pied
Le peuplier : 1,3 million de m3 sur pied

Une filière essentielle pour l'économie de la région : Récolte annuelle en Aquitaine (m3 de bois rond — 1999).

Quels sont les avantages environnementaux et économiques de la forêt ?

La filière forêt-bois contribue à séquestrer et à prévenir les émissions de CO2 à hauteur de 22 %
La filière forêt-bois emploie 440 000 personnes en France

Les Français et la forêt : sondage.

Un sondage avait été commandé par le ministère de l'Agriculture et le commissariat au plan, et effectué auprès de mille personnes représentatives de la population adulte, selon la méthode des quotas, par l'agence BVA (mai 2002). Le but était de connaître quelle image, quelle opinion, nos contemporains avaient de la forêt. Cette étude fait apparaître que les Français aiment leurs forêts.

Les personnes interrogées reconnaissent aller en majorité plusieurs fois par mois, et certaines plusieurs fois par semaine, dans la forêt.

Pour 69 %, la promenade constitue le plaisir numéro un, puis viennent juste après l'observation des plantes et des animaux et la cueillette des champignons. Le sport et la chasse sont largement minoritaires.

Autre information capitale :

Un Français sur deux considère que son niveau de connaissance sur la forêt est mauvais ou très mauvais.


Trois Français sur quatre considèrent que « la forêt constitue un secteur économique très important », mais 51 % pensent que la production de papier détruit la forêt.
94 % des Français jugent le bois pour la construction des maisons « solide, chaleureux et naturel en tant que matériau ».
Ils sont 88 % à avoir une image positive de l'Office national des forêts, 80 % des mouvements écologistes, 65 % des bûcherons, et 61 % des propriétaires forestiers.
50 % des Français ont une opinion négative des chasseurs,
86 % des Français estiment que la forêt est « menacée ou très menacée ».

Les Français pensent souvent à tort que le bois bûche de chauffage est très accessible, car il suffit d'aller dans la forêt pour récupérer des troncs pour se chauffer.

Les actions pour préserver les forêts

  • La protection contre l'incendie est la première des priorités.
  • L’entretien (75 %).
  • L'interdiction d'accès aux voitures (55 %)
  • L'augmentation des surfaces boisées (38 %).
  • La limitation du bois de chauffage notamment dans des maisons mal isolées.
  • L'obligation d'utilisation d'appareils de chauffage performants moins énergivores et moins polluants.

La forêt diminue chaque année 

84 % des Français pensent que la forêt a diminué depuis cinquante ans, il s'agit d'une perception :

  • fausse suivant les déclarations de certaines sources qui indiquent que les surfaces boisées ne cesseraient d'augmenter en France depuis plus d’un siècle.
  • vraie lorsque l'on constate sur Global Forest Watch le développement des villes et leur emprise sur la nature.

En résumé, ce sondage souligne le côté affectif et le très fort niveau d'attachement des Français à leurs forêts, et une conscience aiguë des dangers qui la menacent.

L'idée que l'ouverture des forêts est une condition essentielle au soutien d'une opinion informée. Il est donc nécessaire de l’entretenir et de la protéger.

Afin de contribuer au respect de l'environnement, merci de n'imprimer cette page qu'en cas de nécessité. Pourquoi ?