La ouate de cellulose : le meilleur isolant thermique ?

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La ouate de cellulose est-il le meilleur isolant thermique ?

Décidément, les consommateurs n'ont pas de chance ! Certains médias les informent, grâce à des alertes « largement fondées et fort utiles », que les produits bio sourcés, que les petites entreprises souvent locales leur présentent, ne sont pas bons pour leur santé. Ainsi, la paille s'enflammerait et n'est pas couverte par les assurances, la laine de mouton empesterait, la ouate de cellulose contiendrait un produit nocif

Alors, qu'en est-il vraiment ?

Ouate de cellulose en vrac isolant thermique épandage Picbleu

Sommaire

  1. Matériaux à préférer
  2. La ouate de cellulose 
  3. Impact environnemental
  4. Les alertes sur les risques
  5. Le manque d'information

 

1. Matériaux à préférer 

Certains isolants sont à proscrire. Heureusement, il existe beaucoup d'autres produits qui ont fait leurs preuves. L'amiante a aussi largement fait ses preuves, mais ça, c'est du domaine du passé, l'erreur est humaine, mais les profits sont réels. Certains sites sont spécialisés dans l'information, ainsi il est possible de lire que le pétrole est une énergie naturelle puisqu'elle est extraite du sol, que l'industrie nucléaire n'envoie pas de CO2 dans l'atmosphère et que la laine de verre et la laine de roche sont des produits naturels. « La laine de verre est un matériau isolant fabriqué à partir de produit naturel (sable) ». Tout comme l'essence et le diesel issus tous deux du sol...
La paille et la ouate de cellulose font partie des matériaux biosourcés : des isolants à faible impact carbone, avec une forte inertie, respirants et économiques.

 

2. La ouate de cellulose 

La ouate de cellulose de qualité est un produit responsable fabriqué avec des matières issues de journaux et de papiers propres, sélectionnés lors de tris sélectifs favorisant l’emploi local. La ouate est stabilisée par incorporation d’adjuvants issus de sels (sel de Bore), la rendant résistante au feu. Ses qualités thermiques et son procédé de fabrication font de la laine de cellulose le matériau d’isolation qui présente le « meilleur rapport impact environnemental/coût »

 

3. Impact environnemental 

La ouate de cellulose offre un faible impact environnemental

L'analyse de cycle de vie se calcule depuis l'extraction des matières premières. La production de ouate de cellulose en fait l'un des isolants qui a le plus faible impact environnemental (5 fois moins que la laine de verre).

La forte croissance de cet écomatériau appelé ouate de cellulose a surpris tous les experts qui ne lui voyaient pas d'avenir, car avec simplement le recyclage de papier broyé, il devenait possible de remplacer des produits fabriqués avec du pétrole ou issus de fours hautement énergivores par des produits recyclés et revalorisés (journaux, magazines, chutes de bobines d'imprimerie, etc.).

La nouvelle Réglementation thermique RT 2012 favorisait les matériaux bio sourcés, mais hasard du calendrier, les mauvaises alertes de janvier 2012 (juste 1 an avant l'application de la RT 2012 au 1er janvier 2013) lançaient les débats et les suspicions mettant un frein au développement de la ouate de cellulose.

 

4. Les alertes sur les risques 

Des « alertes » sur les risques liés à la santé et à la sécurité ont été lancées juste avant que la réglementation RT 2012 soit mise en application en janvier 2013. Elles ont jeté le doute et la suspicion sur la ouate de cellulose qui commençait à prendre des parts de marché sur le domaine de l'isolation.

 

La santé

Les termes employés dans les alertes étaient choisis et pesés : les ouates de cellulose présentaient des « risques d’incendie et risques sanitaires », étaient « suspectées d’être à l’origine d’incendies » et succeptibles de » produire des émanations gênantes, si ce n’est dangereuses pour la santé », l’Agence qualité construction avait mis « en observation » les isolants à base de ouate de cellulose.

RISQUE SANITAIRE

Moins de 160 jours après sa mise sous « observation » par l’AQC (Agence qualité construction) et C2P (Commission Prévention Produits mis en œuvre), en janvier 2013, la ouate de cellulose était remise sur la liste verte des produits isolants. Mais lorsque l'on diffuse des informations alarmantes, il en reste toujours quelque chose : des craintes et des doutes qui perdurent encore à ce jour.

La filière photovoltaïque en sait quelque chose : le recyclage des panneaux poserait un « énorme problème ». Vous êtes-vous demandé lorsque vous avez acheté votre tablette, votre smartphone, votre téléviseur plat (maintenant incurvé), votre voiture et son GPS quel serait leur avenir et leur éventuel recyclage ?

Il est intéressant de déplacer le problème sur des détails moins importants et qui n'impactent pas les revenus de certains groupes industriels à l'envergure internationale.

La réglementation thermique RT2012 favorisait les matériaux bio sourcés, mais hasard du calendrier, les mauvaises « alertes » de janvier 2012 (juste un an avant l'application de la RT 2012 au 1er janvier 2013) lançaient les débats et les suspicions mettant un frein au développement de la ouate de cellulose.

Les isolants à base de ouate de cellulose formulés pour certains avec des additifs biocides et ignifugeants pouvaient présenter des risques sanitaires ou d’émanations gênantes. Par exemple, certains additifs contenant des sels d’ammonium peuvent provoquer des vapeurs d’ammoniac au contact de l’humidité. Les sels de bore utilisés initialement comme agent fongique dans ces isolants avaient été interdits en août 2011 par la directive européenne biocide, au profit des sels d’ammonium puis autorisés à nouveau.

 

Les causes des incendies sont surtout liées principalement à l'inconscience des adultes qui laissent les enfants jouer avec le feu et avec le non-respect des règles élémentaires de sécurité dans la pose des équipements ainsi que des matériaux de construction et d'isolation.

Les matériaux eux-mêmes sont rarement mis en cause dans les départs de feux. Photo Picbleu.

Incendie d'une maison toit effondré Doc Picbleu

Le feu

RISQUE D'INCENDIE 

Douze sinistres avaient été déclarés entre 2009 et 2012. On enregistre en France un incendie toutes les 4 minutes qui est lié à un défaut électrique. En 4 ans sur 263000 incendies domestiques en France, 12 sinistres étaient imputables à la ouate de cellulose.

Généralement, l’incendie avait démarré au contact direct d'un spot d'éclairage encastré ou d'un câble électrique, puis avait provoqué le départ de feu dans la ouate placée au-dessus d’un faux plafond. En effet, en l'absence de prévention et par manque d'application des règles essentielles de sécurité et après échauffement excessif de la ouate de cellulose, le feu peut couver plusieurs heures avant de s’embraser une fois la température de combustion atteinte.

La prévention

Dans beaucoup de cas, les spots encastrés dans le faux plafond n’étaient pas équipés de capots de protection ou ceux-ci avaient été déplacés involontairement n’assurant plus la protection thermique de l’isolant au contact du spot. Les gaines électriques n’étaient pas classées « non-propagateur de flamme ». Des cas relevés par les autorités compétentes concernaient un départ d’incendie dû au non-respect de l’écart de feu autour d’un conduit de cheminée dont les parois atteignent de hautes températures avec certains combustibles comme le bois énergie.

 

5. Le manque d'information 

Le manque d'information sur les règles de pose de la ouate de cellulose et de professionnalisme de certains poseurs est à l'origine de désordres. Certaines sinistralités ont eu pour origine de mauvaises pratiques de professionnels ou de bricoleurs peu sensibilisés aux risques de leur métier. Par exemple, l’utilisation par un charpentier d’une scie circulaire dont les sciures brûlantes entrées en contact avec de la ouate de cellulose ont provoqué son inflammation et un incendie.

Si le produit n’est pas mis en cause directement, c’est la méconnaissance de son risque d’inflammabilité par les professionnels qui le mettent en œuvre qui engendre le risque.

« Ces procédés font l’objet d’une sinistralité d’incendie non négligeable due au fait que les personnes (maîtres d’ouvrage ou entrepreneurs) ne sont pas sensibilisées à la spécificité de ce matériau. Ne sont pas suffisamment pris en compte les éléments de protection feu indispensables à la mise en œuvre en complément de l’isolant ».

Le manque d'information, de sensibilisation et de formation de certains applicateurs est souvent en cause. Les procédures de pose et le respect du cahier des charges concernent tous les isolants.

Il faut noter que les matériaux isolants synthétiques dégagent des fumées autrement plus toxiques.

Vous-avez-une-question-réponse-Picbleu-devis-simple-facile

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