Les accidents nucléaires : une industrie mal maitrisée

Dernière modification :

Le mercredi 23 septembre 2015 à 15 h 38, un incendie est survenu dans le bâtiment réacteur de la centrale nucléaire en déconstruction de Brennilis (29), implantée dans le département du Finistère, à 55 km au nord de Quimper. La centrale nucléaire de Brennilis est en démantèlement depuis 1996 et ne contiendrait plus de combustible nucléaire.

 

Des incidents qui ne sont jamais des accidents

Selon EDF qui a informé l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a averti la préfecture du Finistère, son expert technique et l'IRSN, une opération de meulage servant à conditionner des déchets est à l'origine du sinistre. Cet incendie situé au niveau du bâtiment réacteur dans la partie nucléaire des installations a été circonscrit à 17 h 30 suite à l'intervention des pompiers. 
D'après les informations dont dispose l'ASN, aucun rejet radioactif n'a été mesuré. Le personnel qui était présent dans le bâtiment réacteur a été évacué, les 4 intervenants sous traitants ont été pris en charge par les secours externes suite à une inhalation de fumées, mais ils ne présenteraient pas de contamination externe, des analyses médicales complémentaires sont en cours, mais l'on peut penser qu'elles seront négatives.

Le plan d'urgence interne permettant de façon anticipée de réunir « les compétences nécessaires à la gestion de la situation ». avait été déclenché à 16 h comme le requièrent les procédures, mais pour rien. EDF a proposé à l'ASN de classer cet incendie au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) graduée de 0 à 7 (voir schéma). L'ASN a validé provisoirement ce classement.

Heureusement, tout va bien. Energie et centrales nucléaires : un sujet qui divise

Echelle INES accidents nucléaires. Doc Picbleu

 

 

 

 

 

 

Ce schéma appelé échelle INES classifie le degré de gravité lors d'un accident nucléaire (Pour le Japon, il s'agit d'un accident majeur d'une dangerosité inconnue à ce jour dont les conséquences vont avoir des répercussions pour les siècles à venir). Cliquez sur le schéma pour accéder au site de l'IRSN.

  • Comment « imaginer l’inimaginable »

    L'un des plus graves accidents nucléaires jamais survenus en France est arrivé à Saint-Laurent des eaux dans le Loir-et-Cher. Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation du personnel EDF lors du chargement du coeur sur le réacteur nº 1 entraîne la fusion de 50 kilos d'uranium. Pourtant, l'événement reste inconnu du grand public, car, ce type d'accident d'un niveau de gravité de 4 selon l'échelle INES est caché par les autorités publiques. Tous les jours des « incidents » interviennent dans les centrales nucléaires environ 1000 par an.


    Des rejets radioactifs sont libérés quotidiennement par les installations nucléaires au cours de leur fonctionnement normal. Les rivières, les eaux côtières et l'air sont pollués chaque jour par de grandes quantités de gaz et d'effluents radioactifs qui sont rejetés, légalement et illégalement par le lobby nucléaire qui ne se soucie ni de l'environnement ni de la santé humaine.


    L'ancien président de l'ASN (Autorité Sécurité Nucléaire) André Claude Lacoste avait reconnu que « Personne ne peut garantir qu’il n’y aura pas d’accident nucléaire en France ».

    Les sites gouvernementaux, scientifiques et associations ANDRA, AIEA, IRSN, AEPN, Politique Autrement, Site de la commission européenne, Greenpeace, CRIIRAD, Réseau Sortir du Nucléaire, donnent un éclairage différent sur le nucléaire et posent la question de la pertinence du choix de cette industrie mal maitrisée qui en 2011 suite à la catastrophe nucléaire du Japon a basculé du « zéro risque » au « risque calculé ». A un degré inimaginable.

    La France présente trois particularités pour son parc nucléaire :


    · la plus forte dépendance au nucléaire qui produit 75 % de l’électricité
    · un parc de réacteurs standardisé plus sensible au risque d’anomalie générique 
    · 80 % des 58 réacteurs construits entre 1977 et 1987 auront dépassé les 30 années de fonctionnement, limite d’âge initialement fixée pour 2017

  • 21 janvier 2013 : Incident lors d'un transport de déchets nucléaire.

    Le lundi 21 janvier 2013, le wagon d'un train en provenance de la centrale nucléaire du Tricastin se dirigeant vers un site d'entreposage en Hollande a déraillé lors d'une manoeuvre en gare de Saint-Rambert-d'Albon (Drôme). Il transportait de l'uranium naturel appauvri de l'oxyde d'uranium -U3O8- en poudre qui serait stable, incombustible, insoluble dans l'eau et non corrosif.
    Les déclarations d'AREVA
    Areva a immédiatement informé l'Autorité de Sûreté Nucléaire et la Préfecture de la Drôme de cet évènement qui serait « sans conséquence » sur l'environnement et les populations. La société Areva a publié un communiqué explicatif « Un essieu du wagon est sorti de la voie, immobilisant l'ensemble du transport pendant quelques heures ».
    Les commentaires du groupe écologiste Europe Écologie Les Verts (EELV)


    Le groupe écologiste Europe Écologie Les Verts (EELV) indique l'obligation d'instaurer une totale transparence sur les transports de matières nucléaires et rappelle la dangerosité du transport de déchets radioactifs et ses conséquences dramatiques, en effet, un accident lié à un transport de matières potentiellement dangereuses peut se déclarer dans des secteurs ou des zones dans lesquels les installations, les services de protection et les populations ne sont ni informées, ni préparées.


    « Le déraillement de ce wagon nous montre bien qu'on n’est jamais à l'abri d'un incident lors du transport de matières et de déchets radioactifs. Au-delà de ce déraillement, ce qui est le plus alarmant, c'est la présence de ce « castor» (conteneur de stockage et de transport du combustible nucléaire et de déchet radioactif) qui est resté en voie 1 de la gare, à quelques dizaines de mètres de la salle d'attente des voyageurs pendant les premières heures qui ont suivi le déraillement. Le principe en radioprotection, c'est de justifier toute dose de radioactivité reçue par les personnes ; or, dans ce cas précis, la dose reçue par les personnes présentes à ce moment-là est totalement injustifiable » a expliqué Michèle Rivasi, eurodéputée (EELV).

  • 11 mars 2011 : très grave accident nucléaire au Japon

    Alors que la situation s’aggravait autour de la centrale nucléaire de Fukushima, les autorités françaises s’efforcaient de minimiser les dangers.

    Des propos rassurants

    Selon les prévisions de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), un nuage radioactif aurait atteint le territoire français entre le mercredi 23 mars 2011 et le jeudi 24 mars 2011. Le nuage chargé en particules radioactives est passé le lundi 21 mars 2011 sur les Antilles et sur Saint-Pierre-et-Miquelon. D'après le chef du Laboratoire d’études radioécologiques en milieux continental et marin à l’IRSN, 21 mars 2011.

    Les retombées radioactives devraient rester sans conséquence sanitaires et environnementales. La pollution liée au nuage de particules radioactives venu du Japon devrait rester « à des niveaux extrêmement bas », C 1 000 à 10 000 fois moins importantes que celles de Tchernobyl » la distance qui sépare la France du Japon 15 000 km diluerait les particules du nuage radioactif qui se disperserait suffisamment « la détection de particules radioactive deviendrait ainsi très difficile ».

    Les scientifiques de l’IRSN prélevaient entre 300 et 700 m3 d’air par heure. Soit environ 78 000 m3 en tout. Les premiers prélèvements de référence ont été effectués le lundi 21 mars 2011. Les résultats sont publiés sur le site de l’IRSN, et mis à jour toutes les 4 heures.

    A ce jour, même si les médias n'en parlent plus, la tragédie continue. Ce sont des millions de tonnes d'eau irradiées qui partent dans les mers et océans.

  • La pollution radiocative au Japon

    Selon la CRIIRA dans la province de Takahagi, au nord du Japon, les vents repoussent la pollution radioactive vers les zones habitées, « le débit de dose avait été multiplié par 10 entre 11 h 30 et 14 h ».

    Tous les produits alimentaires sont contaminés. « Des analyses révèlent notamment des niveaux de radioactivité extrêmement élevés dans des épinards et dans du lait », 15 000 Bq/kg, soit un taux 27 fois supérieur à la limite en vigueur au Japon. Source : CRIIRAD

  • Les sites scientifiques et associatifs sur le nucléaire

    Agence Internationale de l’Energie Atomique

     

     

    Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR)

  • Sites gouvernementaux

    Site de la commission européenne (Énergie nucléaire)

  • Sites informatifs indépendants ONG

    Association ONG Greenpeace Picbleu

     

     

     

     

     

     

    En France, les accidents les plus graves ont eu lieu dans la centrale de St-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en octobre 1969 et en mars 1980. Dans les deux cas, des combustibles ont fusionné dans un des réacteurs de la centrale, ils ont été classés au niveau 4.
    Le 12 mai 1998, un des réacteurs de la centrale de Civaux (Vienne) a perdu son réfrigérant suite à une rupture de canalisation.
    Le 28 décembre 1999, le réacteur de la centrale nucléaire de Blaye (Gironde) a dû être arrêté d'urgence après que tous les systèmes de sécurité aient été inondés : les digues de protection n'avaient pas résisté à la force des vents.
    Entre le 1er et 15 aout lors de la canicule de 2003, la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) a dû être arrêtée en urgence pour une surchauffe des réacteurs.
    En 2006, à Civaux, un opérateur a posé un livret sur un clavier de commande, entraînant un dépassement de la puissance thermique autorisée.

  • Pourquoi avoir crée Picbleu ?

    Tout simplement parce que son créateur est issu d'un petit village de montagne et qu'il est resté un amoureux de la nature belle et préservée.

    Le but de Picbleu est de donner à tous des informations sur l'habitat et son environnement avec un maximum d'objectivité et de réalisme. Dans l'esprit, ce site est associatif, car une partie des bénéfices générés sera reversée à des associations de terrain.

    La partie bureau d'études, diagnostic-conseils permet d'assurer des revenus pour le fonctionnement de Picbleu, ces moyens financiers lui offrent la possibilité d'enrichir tous les jours les pages de son site www.picbleu.fr.

    Régulièrement se rajoutent les multiples questions/réponses des internautes ainsi que de nombreux éléments (thèmes habitat durable, schémas, études thermiques BBC, etc.) gratuits, utiles et durables qui profitent à tous et à notre belle planète.

     

     

    Afin de contribuer au respect de l'environnement, merci de n'imprimer cette page qu'en cas de nécessité. Pourquoi ?

Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaire pour cette page.
Commenter cette page