Pompe à chaleur électrique. Chauffage par géothermie individuelle

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SOMMAIRE

 

1. La géothermie individuelle : solution ou problème ? 

La « géothermie individuelle » avec capteurs verticaux ou horizontaux est présentée comme la solution, mais l'avez-vous envisagée comme étant le problème de demain en matière d’habitat individuel ? Quelle que soit l’énergie utilisée pour le chauffage, il y a des coûts directs (proportionnels au nombre de kWh utilisés). Par exemple pour le bois, l’approvisionnement en bûches, granulés, ou plaquettes. L’intérêt de la géothermie est que le coût de l’énergie issue du sous-sol est de 0 €/kWh. Même s’il devait devenir payant, tant que ce prix est très faible, il est économiquement intéressant de solliciter cette énergie. Si l'on raisonne en coût par rapport au kWh restitué, on sera (très approximativement) à 120 €/MWh pour l’électricité, à 90 €/MWh pour le fioul, à 70 €/MWh pour le gaz, de 30 à 50 €/MWh pour le bois (selon la technologie et la source d’approvisionnement), de 30 €/MWh pour la géothermie (électricité avec coefficient de performance saisonnier de 4), et de 0 €/MWh pour le solaire thermique. Si l'on suppose que le coût de toutes les énergies augmente d’un même facteur (5 % par an), le seul effet est de creuser l’écart existant sur le coût, mais en conservant le même ordre. Une solution est donc d’autant plus rentable, comparativement à une autre, lorsqu’elle se situe dans une gamme de prix faibles et que les coûts augmentent.

 

2. Le coefficient de performance 

Une pompe à chaleur avec un coefficient de performance (COP) de 3,5 est présentée comme produisant 3,5 kWh de chaleur renouvelable pour 1 kWh d’électricité consommée. La part d'énergie renouvelable semblerait donc majoritaire, mais l’électricité est une énergie finale déjà transformée dont sa production a généré d'énormes pertes. Le rendement de la production et de la distribution de l’électricité n'est que d’environ 38 % en moyenne en France, il faut employer environ 2,58 kWh de combustible (uranium, hydraulique, gaz, charbon) pour produire le kWh que consomme la pompe à chaleur.

 

3. Les pics de consommation 

Une pompe à chaleur avec un coefficient de performance (COP) moyen annuel de 3 utilise donc environ 2,58 kWh de combustibles non renouvelables pour produire 3 kWh de chaleur. L'ensemble des pompes à chaleur installées en France consomment beaucoup d’électricité lors des pointes de consommation hivernales. Lors de ces pics de consommation, les centrales nucléaires, les centrales thermiques au gaz au charbon ou au fioul lourd sont également fortement mobilisées entrainant des pics de pollution. Pour que la pompe à chaleur soit classée énergie renouvelable, il suffirait que la part de renouvelable augmente sensiblement dans l’électricité consommée, et que le coefficient de performance (COP) soit nettement supérieur à 3,5 deux éléments tout à fait envisageables dans l’avenir.

 

4. La "géothermie individuelle" substitut au chauffage électrique 

Faisant suite à de très nombreuses questions au sujet de ce que l'on appelle aujourd'hui, et par abus de langage, la « géothermie » (avec capteurs verticaux ou horizontaux et une pompe à chaleur électrique) est un système permettant de chauffer son habitation, nous allons considérer les éléments dans leur ensemble.

La « géothermie individuelle » (avec capteurs verticaux ou horizontaux et une pompe à chaleur électrique) est présentée comme un substitut au chauffage électrique. En fait, au vu de son coût, la moins chère des installations de « géothermie individuelle » (pompe à chaleur électrique) ne peut se comparer qu’à une installation vecteur eau chaude à gaz ou à fioul (condensation à basse température, plancher chauffant) équipée de marques haut de gamme au rendement dépassant les 95 %. L'association du rendement d’un ingénieux système thermodynamique avec celui médiocre d’EDF (production thermique hivernale et distribution RTE), donne un résultat d’environ 75 %, inférieur à ceux des solutions connues (bois, gaz, fioul domestique, etc.). Les arguments concernant les chauffe-eau thermodynamiques sont discutables en ce sens que l'économie annoncée est de l'ordre de 70 % mais par rapport à un ballon électrique. Et l'on sait qu'il faut absolument éviter l'usage des cumulus électriques qui sont des appareils électriques à effet joule très consommateurs d'énergie dont les pertes calorifiques du ballon de stockage d'eau peuvent représenter entre 6 et 15 KW d'énergie primaire par mètres carrés et par an !

 

5. Un coût réparti sur l'ensemble des abonnés 

La consommation d’électricité en hiver augmentant par le développement des besoins électriques, comment notre économie pourrait-elle à la fois investir dans de nouvelles centrales nucléaires, de nouvelles centrales thermiques d’appoint supplémentaires (charbon, gaz, etc.) ainsi que dans des budgets de campagne de maîtrise de l’énergie et de subventions au démarrage des solutions alternatives ? La totalité des abonnés usagers paye le chauffage électrique de quelques-uns dont le mode de fonctionnement crée des pics de consommation très coûteux avec l'emploi de toutes les ressources disponibles pour assurer le fonctionnement sans panne générale. Voir article sur le chauffage électrique : pourquoi est-il peu intéressant ?

L’impact des gaz réfrigérants (r 407c, 134 a… etc.) sur l’effet de serre et qui constituent d'énormes polluants (l'équivalent de la totalité du transport aérien français) respectivement 1610 et 1350 fois celui du CO2.

Fort heureusement les pompes à chaleur air/air ne bénéficient plus de crédit d'impôt (crédit d'impôt 2012), cette disposition mettant terme à beaucoup de méthodes commerciales douteuses, d'aberrations et de dérives.

 

6. La "géothermie individuelle" et l'avenir 

Les lois européennes rendant obligatoire le remplacement de ces gaz par des entreprises certifiées (déclarées en préfecture et possédant une station de récupération des gaz) vont inciter des gens mal informés à purger eux-même leur circuit frigorifique pour éviter des frais supplémentaires et pour les individus peu scrupuleux et inconscients à prétexter une fuite accidentelle.

 

7. Un temps de retour proche de la durée de vie du système 

Le système de « géothermie individuelle » (avec capteurs verticaux ou horizontaux et une pompe à chaleur électrique) à aujourd’hui un temps de retour sur investissement proche de celui de sa durée de vie en raison d'un l'investissement initial élevé. Cette dépense est encore rentable par le biais du crédit d'impôt, mais le manque de recul sur la durée de vie, le prochain changement des règles fiscales ainsi que le renchérissement prévisible du prix de l’énergie électrique vont bouleverser l'intérêt de ce système. Les futures perspectives économiques sont vouées à l'échec avec une telle solution. Nombre de ces réalisations tout comme un plancher chauffant électrique ne permettent pas de changer d’énergie de chauffage sans un gros budget par la suite.

Conscient du problème, le projet collaboratif appelé MICRO-GEO (BRGM – CEA-INES – CETIAT – CIAT – EDF – PROXISERVE – RYB-Terra) vise à concevoir un système complet (pompe à chaleur et échangeurs géothermiques) pour 10 000 € TTC, pose et raccordement inclus, adapté aux bâtiments à très faibles consommations énergétiques et capable d’assurer seul les trois usages thermiques principaux : eau chaude sanitaire, chauffage et rafraîchissement.

Une installation de « géothermie individuelle » (avec capteurs verticaux ou horizontaux et une pompe à chaleur électrique) en complément d’une maison climatique laisse penser qu'elle diviserait par trois le coût de l’énergie d’appoint, mais en pratique, un système moins souvent sollicité voit son temps de retour sur investissement augmenter, donc affecter sa rentabilité. Contrairement aux vraies énergies renouvelables, ce système n’est rentable que si le prix de l’énergie reste le même ou diminue ce qui n'est pas le cas pour l'électricité. Avec la « géothermie individuelle » (pompe à chaleur électrique), les candidats à la réalisation d'une construction neuve ou en rénovation sont persuadés que cette « unique » solution va leur apporter des économies et préserver l'environnement, le seul système qui fonctionne vraiment, c'est le marketing qui permet, grâce à de puissants stratèges, publicitaires, psychiatres, psychologues et autres analystes, de faire passer des messages dans nos cerveaux.

 

8. Une solution pas si écologique 

  •  Cette solution, ne peut pas être considérée comme un système à énergie renouvelable, car elle dépend de l'électricité d'origine nucléaire, une énergie non renouvelable et malheureusement polluante, dont les émissions de CO2 (plus compensation des pointes hivernales par des centrales thermiques) sont supérieures aux énergies fossiles et bien sûr non comparables aux vraies énergies renouvelables (non émissives de CO2 et de gaz à effet de serre) qui sont la géothermie profonde, l'éolien, le solaire, l'hydraulique et dans une moindre mesure la biomasse. Autrement dit, la quantité d’énergie primaire consommée (l’hiver) reste la même, voir supérieure avec la mise en route de centrales classiques au charbon gaz et fioul lors des pics dus au chauffage et à la demande électrique.
  •  L'usage de gaz frigorigènes hautement nocifs en matière de réchauffement climatique.
  •  Elle est aussi proposée comme étant un système de rafraîchissement l’été.

 

Inciter et faire consommer à cette période de l’année ce que vous avez pu économiser durant l’hiver est un non-sens. Ce système n'incite pas les populations à la maîtrise de l’énergie, aux « Négawatts ». La nouvelle réglementation RT 2012 pénalise tout recours à la climatisation.

 

9. L'isolation du bâti est la solution avec les maisons RT 2012 

Rappelons que l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas...et que l'on ne produit pas. La première dépense à effectuer est celle de l'isolation du bâtiment, les consommations et l'impact sur l'environnement en découlent. Fort heureusement les maisons RT 2012 (Bâtiments Basse Consommation) permettent de réduire les besoins d'énergie en utilisant au maximum les énergies renouvelables (orientation bio climatique du bâtiment, chauffage et eau chaude solaires, bois et dérivés, etc.).

 

Trouver les bons conseils pour baisser vos factures de gaz en citerne

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