Quel est l'intérêt de planter de beaux grands arbres ?

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Christophe PEUCHOT qui habite dans le Lot-et-Garonne à Bajamont nous a adressé un long courriel qui est une supplique en faveur des grands arbres. Nous l'avons jugée intéressante et nous la publions, car elle révèle les qualités essentielles de nos beaux arbres véritables antennes tournées vers l'espace dont on ne mesure pas assez l'importance vitale qu'ils nous procurent.

Merci à Christophe

 

Quelques éléments de réflexion pour compléter votre argumentaire sur l'intérêt de planter des arbres (rédigés en rentrant d'un séjour en Europe du Nord où les arbres sont partout et par esprit de résistance de leur taille idiote dans ma région)

"Le grand arbre : un auxiliaire indispensable au bonheur de l’homme et à la lutte contre l’effet de serre

Définition 1. Un arbre à Agen !

2. Arbres à Münster (D)

3. Un parc à Courbevoie

Les Lot-et-Garonnais doivent engager leur révolution culturelle pour comprendre qu’un arbre c’est l’ensemble végétal complet formé du tronc, des branches, des brindilles et des feuilles et pas le tronc seul. Comme en témoignent les propos attristés sur la déforestation en Afrique Équatoriale ou en Amérique Latine, les arbres jouent un rôle considérable dans les équilibres atmosphériques de la planète dans sa globalité. Ils ont aussi un rôle essentiel au niveau local. En voici quelques-uns.

Une source d’oxygène La seule source de l’oxygène, sans lequel aucune vie n’est possible, est la photosynthèse, processus par lequel la chlorophylle des plantes transforme le gaz carbonique (CO2) en oxygène (O2) et en carbone (C) du bois. Parce que les arbres ont la plus grande surface de feuille par unité de volume, ce sont les plantes les plus efficaces pour la consommation du gaz carbonique qu’ils transforment en oxygène. Un fixateur de gaz carbonique le gaz carbonique est l’un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Il se trouve naturellement dans l’atmosphère. Mais l’homme, en brûlant des combustibles fossiles, en ajoute de façon excessive.

Ces combustibles fossiles sont le fruit de la compression de milliards de tonnes de bois qui avait donc contribués à la réduction de la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère il y a des millions d’années. La plantation de milliers d’arbres dans des régions lointaines est présentée par certaines multinationales comme leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Sans témoins, ces déclarations sont suspectes. Pourquoi ne pas balayer devant notre porte et planter dans nos parcs et nos jardins ? En effet la séquestration du gaz carbonique dans les forêts est l’une des 3 techniques reconnues par le département américain de l’énergie pour lutter contre l’effet de serre.

Nous devons le faire aussi à notre modeste niveau en plantant partout des arbres d’espèces différentes qui piègeront le CO2 de notre environnement proche : villes, jardins, parcs et espaces verts. 1 m3 de bois stocke 1 tonne équivalent CO2 (Source ONF 2006) soit environ 1000 t/ha de carbone stockées. Note : Les négativistes clamant que le gaz carbonique n’est pas absorbé puisque les arbres meurent ou sont coupés ont tort. Dans les parcs naturels, en Louisiane, partout où existent des arbres dont l’âge est annoncé de plusieurs centaines d’années, ces arbres ont fixé des tonnes de carbone. Rien n’oblige personne à couper les arbres contrairement à ce qu’en disent, de bonne, mais souvent de mauvaise foi, les « professionnels » qui vivent de cette coupe !

Un arbre est un ornement, un élément esthétique majeur des paysages et des constructions, une différence majeure entre les banlieues, les villes ou les pays pauvres et riches qu'est la nature, la grandeur et la diversité de leurs végétations. Les projets architecturaux sont toujours présentés avec des arbres parce qu’ils paraissent plus beaux. Tout habitat, toute construction humaine, comme tout environnement naturel est plus beau s’il est planté et arboré. Les HLM devraient offrir à leurs habitants le luxe de parcs et d’espaces plantés de grands arbres et ombragés. Les Lot-et-Garonnais doivent apprendre à témoigner du même respect pour les arbres à feuilles caduques que celui qu’ils ont pour les conifères qu’ils plantent à outrance dans leurs jardins.

Mais l’arbre est beau quand il est grand et qu’il a poussé naturellement. La taille le rend toujours plus laid. Certains justifient la coupe rase qu’il subit en Lot-et-Garonne par le souci de lui donner de la vigueur.

Mais pourquoi lui donner de la vigueur s’il ne peut pas pousser ?

Les plus beaux et les plus grands spécimens d’arbres se trouvent dans des parcs naturels et des forêts où l’homme n’est jamais intervenu ! Une source d’apaisement du comportement. Un environnement « mécanique » (verre, béton, acier) est agressif. Il engendre et inspire l’agressivité. Il est froid. Il suscite la violence. On y met le feu aux voitures !

Au contraire, un environnement arboré est apaisant. Il inspire la rêverie. On se détend, on se ressource à la campagne, dans un bois, une forêt ou un parc. On n’y connaît pas la violence. Cet apaisement résulte de la couleur des feuilles (le vert est reconnu comme la couleur la plus apaisante) et du bois, de la douceur des formes et du mouvement, témoignage de vie, des branches et des feuilles.

Un absorbeur de bruit Un rideau d’arbres ou un bois contribue à l’isolement sonore des maisons et des appartements en bord de route. En ville, l’arbre absorbe et amortit les bruits de la rue. Un régulateur thermique et climatique. Les variations de température sont bien moindres en forêt que dans le désert. Un bosquet d’arbres maintient l’humidité qui appelle la pluie. Pas d’arbre = pas de pluie et le cercle vicieux de la sécheresse est accéléré. En ville, en été, les murs sous charmille sont moins chauds que ceux exposés au plein soleil. Les soirées d’été, sont moins étouffantes dans les villes vertes. Un rideau d’arbres ou un bois calme les vents : à même intensité de vent, les effets au sol sur l’homme et sur ses produits sont bien moindres en forêt dense que sur un plateau désertique. Un régulateur du cycle de l’eau. Une pluie se répartit entre ruissellement (elle va aux cours d’eau et se perd à la mer) et infiltration (elle alimente les nappes souterraines qui constituent une ressource mobilisable et alimentent les cours d’eau à débit faible, mais constant dans le temps). Sur un terrain sans arbre, le ruissellement est accru et l’infiltration réduite. Les risques d’inondation en aval augmentent ; la ressource mobilisable est réduite d’autant et les cours d’eau s’assèchent en été. Sur un terrain arboré, le ruissellement est moindre, voire nul. L’infiltration est maximisée et la ressource souterraine est renforcée. En campagne, les retenues collinaires deviennent inutiles. Les inondations sont moins fréquentes et moins dangereuses. Un retardateur de pluies et de ruissellement. Une pluie d’orage, sur un sol goudronné, donne une onde de débit intense et brutale. Si le même sol est planté, l’onde est réduite en intensité et étalée dans le temps. Les risques d’inondation sont réduits. Courbe du débit à l’exutoire : sur parking goudronné sur parking planté. Un ombrage protecteur et bienfaiteur Il semble que les températures estivales soient en progression. La climatisation, qui consomme de l’énergie, se généralise. Une maison, un bureau ou, plus généralement, un bâtiment ombragé bénéficie d’une protection thermique naturelle en été. En stationnement, les autos sont moins chaudes.

La climatisation n’est plus indispensable et l’énergie est économisée. Un épurateur d’air efficace lorsque l’air est pollué par des particules émises par les moteurs ou par la poussière soulevée par le vent, les arbres apportent une contribution active à leur élimination. Chaque feuille se comporte comme un piège qui les capture par décantation et adsorption, rendant l’air plus léger et respirable. Une composante majeure d’un urbanisme de bien-être et durable. Une ville verte profite d’une réduction des températures; le rayonnement moindre des bâtiments donne des températures plus clémentes en été. La vie estivale est plus agréable dans les villes vertes. Les cancers de la peau, imputés à une trop grande et forte exposition au soleil, sont moins nombreux. Les parcs sont davantage fréquentés par grandes chaleurs. Généraliser les arbres, c’est créer des minis parcs partout dans la ville. C’est donc permettre à chacun d’être plus heureux dans sa ville. Partout, le rayonnement lumineux, et donc thermique, induit ou réfléchi, devient moindre : le vert absorbe la lumière, les feuilles la réfléchissent dans toutes les directions et donc amortissent sa réflexion vers le ciel qui contribue au réchauffement de l’atmosphère. La chlorophylle transforme le CO2 (gaz carbonique) en O2 (oxygène). Il y a donc deux fois réduction de l’effet de serre. Par contre, éviter de planter des conifères et autres arbres à feuilles persistantes comme les tulipiers. Certes, ils créent un ombrage bienfaisant en été. Mais en hiver, ils réduisent le rayonnement solaire et donc son chauffage et son éclairage naturels, qui doivent être compensés par une consommation inutile d’énergie.

En Europe du Nord, dont nous avons tant à apprendre en matière d’écocitoyenneté, les pistes cyclables sont ombragées par des arbres et protégées des autos par des arbustes et des haies. Un facteur de sécurité et de confort routier L’automobiliste circulant sur route ombragée est moins prompt à utiliser la climatisation. Son acuité visuelle est améliorée en raison de la moindre luminosité de la route. La présence d’arbres le tranquillise et contribue à réduire sa vitesse. Sa sécurité en est directement améliorée. Bien sûr des glissières doivent être installées entre la chaussée et les arbres si ces derniers sont plantés au bord direct de la route. Un protecteur et un régénérateur des sols, un facteur de biodiversité. Dans les parcs et les jardins en campagne, les feuilles mortes forment sur le sol un tapis protecteur contre la pluie, le ruissellement et l’érosion des sols. Elles sont transformées lentement en humus qui :

? nourrit et équilibre le sol

? maintient l’humidité

? amortit voire empêche le ruissellement

? héberge une microfaune, base d’une autre faune prédatrice et d’oiseaux, d’autant variés que les espèces d’arbres le sont aussi. Tous constituent ce que l’on appelle la biodiversité, élément indispensable au bien-être des hommes Une source d’énergie inépuisable

? Après 50 années d’absorption du CO2 (gaz carbonique) et de production d’O2 (oxygène), le bois de l’arbre adulte peut être transformé en énergie (bûches ou copeaux) dans les centrales thermiques au bois.

? Plus besoin d’énergie fossile implantable partout L’infinie diversité de tailles, de formes ou de couleurs des arbres disponibles permet à chacun de trouver l’arbre qui lui plaît, adapté à son environnement et qui se développera à son gré. L’arbre est adapté à tous les espaces individuels et collectifs. Éviter les conifères

? Leurs feuilles (aiguilles) forment un sol acide qui devient stérile pour la faune et la flore. ? Dans les parcs et les jardins, ils créent de l’ombre en hiver ce qui oblige à chauffer davantage les maisons et les bâtiments et à les éclairer artificiellement.

? Ces arbres sont rarement des végétaux locaux: les conifères sont souvent importés, car spécifiques de régions froides, sèches ou aux sols acides (nord, montagne, méditerranée). Un symbole de développement et de richesse. Quelques observations autour de Paris :

? Banlieue Est pauvre: pas d’arbres

? Banlieue Sud-Ouest riche: grands arbres partout. En Allemagne et en Europe du Nord, les arbres sont maintenus et plantés dans toutes les villes, sur les sites industriels, autour des aéroports. Ils ne sont pas taillés. À l’inverse, en Espagne, le climat est défavorable aux arbres. Le feu détruit chaque année des hectares de forêts qui ne sont pas replantées. Le pays se transforme peu à peu en désert. S’en suit toute une série de dérèglements, en particulier liés à l’eau. Parce que des pays en développement exploitent inconsciemment leurs ressources forestières, ne pouvons-nous pas rétablir un équilibre, en créant des «puits locaux de carbone» ?

Conclusion : Pendant que d’autres parlent de la lutte contre le réchauffement climatique, parce que fondamentalement l’arbre est l’absorbeur le plus efficace du gaz carbonique, qu’il transforme en oxygène et en cellulose du bois, et parce que les ruisseaux font les grandes rivières, nous pourrions à notre modeste échelle :

? Planter autant d’arbres que possible sur nos «espaces verts»

? Planter les bords de chemins et de routes, les parkings, les abords de maisons, d’entrepôts, d’usines, bref tous les endroits où nous vivons, roulons et stationnons

? Ne plus étêter les arbres, mais les tailler, les élaguer pour qu’ils poussent aussi haut que possible en formant un ombrage large et léger (voir les arbres en ville allemande de la photo 2)

? Affecter l’énergie et les ressources humaines et financières, que nous mettons actuellement dans la taille des arbres, au ramassage des feuilles qui tombent sur le goudron, bouchent les gouttières, engorgent les évacuations d’eaux pluviales, bref à entretenir notre «jardin».

 

En Lot-et-Garonne, cela suppose une révolution culturelle puisque, par tradition, les arbres, en ville et dans nos jardins, sont trop souvent (photo1) des troncs surmontés de quelques feuilles !"

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