Chauffage

Le gaz interdit en construction neuve bonne ou mauvaise idée ?

Date de mise à jour : 17/03/2021
Temps de lecture : 12 minutes

Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l'installation d'un chauffage au gaz est interdite à partir de l'application de la nouvelle réglementation environnementale RE 2020 dans les maisons neuves (probablement à partir de janvier 2022). Le logement collectif devra suivre en 2024 ou 2025. La réglementation change dans un souci de protection de l'environnement. Mais le respect de notre planète devrait passer par une parfaite isolation (écoulement à l'air et inertie) alors que l'on constate que l'évolution de la réglementation thermique est l'occasion d'inciter à changer d'énergie. Or la seule énergie propre, c’est celle qu’on ne consomme pas ! Après la RT 2012 qui a favorisé le gaz, c'est le retour de l'électricité. La question n'était pas de savoir si le lobbying pro nucléaire riposterait, mais comment et surtout quand. La réponse est donnée.

  1. Le HCC (Haut Conseil pour le Climat)
  2. Les logements anciens en France
  3. Un effet d'annonce pour le gaz
  4. Le neuf : 1 % du parc des bâtiments
  5. Le gaz va-t-il être interdit comme le fioul ?
  6. Par quoi remplacer le chauffage au gaz
  7. Conclusion sur la construction neuve

Le retour de l'électricité

L'idée du gouvernement est de tout miser sur l’électricité en écartant de la construction neuve les chaudières gaz son principal concurrent.

  • Le principal actionnaire d'EDF est l'État français qui veut installer 6 réacteurs nucléaires supplémentaires même si Flammanville est un fiasco qui a coûté 12.5 milliards sans avoir rapporté le moindre centime.
  • Sachant qu'il existe 36 millions de logements, cet argent aurait pu financer l'isolation des bâtiments anciens.
  • À condition que ce ne soient pas des systèmes mafieux qui détournent l'argent public avec de mauvais produits et de mauvaises pratiques en rénovation. 

Le sénat demande des modifications

La commission des affaires économiques du Sénat a rendu un rapport contenant de nombreuses propositions d'amendement au projet de réglementation environnementale 2020 (RE2020).

" La proportion de chaudières à gaz passera de 29% à un taux nul dans les logements individuels, de 69 à 10% dans les logements collectifs, et de 31% à un taux nul dans le secteur tertiaire".
Le rapport indique que le chiffre d'affaires pour 36 entreprises (chaudières à gaz et radiateurs à eau) est de 1,1 milliard d'euros et de 9,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour les 12 053 entreprises qui œuvrent dans le génie climatique.

La RE 2020 débouchera sur des importations massives d'équipements (pompes à chaleur, ballons thermodynamiques, appareils de chauffage électrique, etc.) provenant des pays émergents (Chine), car le but est de faire fabriquer à bas prix et vendre au prix le plus élevé en faisant miroiter les primes.

Demande de report en 2024

Le décret qui va interdire l’installation de gaz dans les équipements neufs est pour l’instant mis en consultation publique.

Le 12 janvier 2021, 8 principales organisations membres du CSCEE ont adressé un courrier à Barbara Pompili et Emmanuelle Wargon pour demander le report de l'entrée en vigueur en 2024 ainsi qu'un abaissement des exigences en matière de carbone, d'énergie et de contraintes Bbio. Le secteur craignait l'aggravation de la chute de la construction neuve en 2021.

17 associations et organisations au créneau

Une tribune signée par 17 associations et organisations professionnelles d'horizons divers (pas uniquement filière gaz) a demandé des aménagements. Elles ont demandé au gouvernement le 22 janvier 2021 « une modification profonde du projet de réglementation environnementale 2020 et une prise en compte des avis exprimés par l'ensemble des acteurs ».

  1. Bernard Aulagne - Coénove. Cette association anime un Comité scientifique et technique qui publie régulièrement des analyses et des études
  2. Patrick Corbin - Association française du gaz, créée en 1874, c'est le syndicat professionnel de l’industrie gazière française (gaz naturel, biométhane et GPL).
  3. Joël Pédessac - France gaz liquide pour le GPL
  4. Michel Romieu - Uprigaz, Syndicat professionnel regroupe des entreprises privées du secteur du gaz et de l'électricité présentes sur tout ou partie de l'ensemble de la chaîne gazière : depuis l'exploration et la production de gaz jusqu'à sa commercialisation, en passant par le transport, le stockage et le trading.
  5. Guillaume Planchot - Via Séva. Cette association a pour objectif de faire connaître les réseaux de chaleur et de froid et de communiquer sur leur utilité.
  6. Nicolas Revenu - Association des familles catholiques,
  7. Françoise Thiebault - Associations familiales laïques de Paris,
  8. Elyane Zarine - Organisation générale des consommateurs,
  9. Gilles Vincent - Amorce, association nationale des collectivités territoriales et des professionnels pour une gestion locale des déchets, de l'énergie et des réseaux de chaleur.
  10. Guy Flesselles - Association des utilisateurs de l'électricité,
  11. Mathieu Fleury - Comité interprofessionnel du bois-énergie, La Fédération Nationale du Bois est l’organisation professionnelle des acteurs de la mobilisation et de la transformation du bois en France.
  12. Jean-Baptiste Lebrun - Cler, Réseau pour la transition énergétique (anciennement Comité de liaison pour les énergies renouvelables). Cette association française, agréée pour la protection de l'environnement, créée en 1984 a pour objectif de promouvoir les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie et la transition énergétique.
  13. Philippe Méon - Énergie et avenir, cette association fédère une douzaine de syndicats professionnels (les installateurs de la Capeb, de la FFB et de Fedene, les industriels d’Uniclima, de Profluid, de l’ACR et du cuivre, les représentants des énergies gaz et fioul, les négoces, etc.) autour du thème de la “ boucle à eau chaude ” dans le bâtiment.
  14. Pascal Roger - Fedene, Fédération des services Énergie Environnement
  15. Christian Couturier - Négawatt, cette association regroupe des professionnels de l’énergie et des citoyens. Son action et ses propositions ont pour objectif le développement d’une politique énergétique fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique et sur un recours plus affirmé aux énergies renouvelables.
  16. Roland Bouquet - Synasav, Syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique qui réunit les professionnels de la maintenance de l’ensemble des équipements du logement en matière de chauffage, de climatisation, de ventilation, de traitement de l’air et production d’eau chaude sanitaire (tous types d’énergies, tous types d’habitats).
  17. Christian Cannet - SN2E, Syndicat national des bureaux d'études en environnement.

Le HCC (Haut Conseil pour le Climat) 

  • Le HCC a rendu un rapport intitulé Rénover mieux qui donne une analyse de la politique française en matière de rénovation énergétique et thermique des bâtiments anciens.
  • Comparée avec l'Allemage, les Pays-Bas, la Suède ou le royaume uni, la France serait à la traîne. 
  • En conclusion, selon le HCC, il faudrait multiplier par 2 ou 3 l'investissement annuel que devront réaliser le public et le privé dans le secteur de la rénovation.
  • Le rapport recommandait de relever à 10% le taux réduit de TVA à 5,5% ce qui aurait été intéressant pour les caisses de l'État, mais moins pour les contribuables.
  • Le HCC recommandait également d'augmenter le montant (30 000 euros sur 15 ans), en s'inspirant de l'Allemagne (1) ainsi que la durée de l'éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ pour les travaux d'amélioration énergétique). 

 

(1) L'Allemagne propose aux porteurs de projets un prêt à taux zéro qui va jusqu'à 120 000 euros étalés sur 30 ans.

Le premier gaz à effet de serre est la vapeur d'eau exhalée par la respiration de 7.5 milliards d'êtres humains. (environ 4% de CO2 et 6,2% d’eau).

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Les logements anciens en France 

Il existe une très grande quantité de logements parfois anciens.

Quelques chiffres :

  • 36 millions de logements sont chauffés avec des énergies très diverses.
  • 51 % des résidences principales ont été bâties avant 1975.
  • Une grande proportion sont mal isolées fréquemment avec de la laine de verre, un produit dont la Cour de Cassation a révélé un défaut majeur : l'écoulement à l'air
  • Le bâtiment est responsable de 28 % des émissions de GES en France.
  • Ces maisons sont des pièges à calories et les étés à venir que l'on annonce caniculaires vont les transformer en étuves.
  • Le réchauffement climatique n'affecte pas que la chaleur, mais également peut entraîner des aléas imprévisibles comme des vagues de froid à des périodes inattendues.

Un effet d'annonce pour le gaz 

  • Dans l'esprit du grand public, ce qui est « vu à la télé » est pris comme argent comptant.
  • Les médias transmettent des informations prises au pied de la lettre.
  • L'interdiction du gaz est souvent l'antichambre des actions dans la rénovation.

Le neuf : 1 % du parc des bâtiments 

  • La construction neuve représente chaque année seulement 1 % du parc des bâtiments.
  • L'opération largement relayée par les médias est anecdotique en nombre, mais puissante en relais auprès de l'opinion publique.

Le gaz va-t-il être interdit comme le fioul ? 

  • Le fioul est une énergie très polluante, son interdiction entrera en vigueur le 1er janvier 2022 et sa fin est programmée pour 2028.
  • Contrairement à ce qu’on lit sur internet, il n'y a aucune obligation de s’en débarrasser si elle fonctionne.
  • Il sera possible de continuer à les entretenir et à remplacer des pièces en cas de panne, mais la filière de distribution se désagrège.
  • Il y a longtemps que les compagnies pétrolières y compris les pays arabes producteurs d'or noir ont anticipé la fin de la demande.
  • Évitez d’investir dans une chaudière fioul comme dans un véhicule diesel qui utilise le même produit toxique, mais sans colorant rouge.

Par quoi remplacer le chauffage au gaz 

Le ministère de l'Écologie après avoir banni le chauffage au fioul va inciter les Français à ne plus choisir un chauffage au gaz dans le neuf. Les chaudières gaz offrent un rendement global de plus de 95 % et n’émettent pas de particules fines, contrairement au chauffage bois polluant, rejetant des gaz toxiques et de l'acide chlorhydrique qui augmenteront le niveau de pollution de l'air.

  • Les chaudières gaz à condensation ont un rendement supérieur à 100 % pour un coût modéré (3000 euros).
  • Une pompe à chaleur beaucoup plus chère (10 000 à 15 0000 euros) possède un coefficient de performance qui ne comble pas le différentiel de prix entre kWh électrique et kWh gaz.

La question est de quoi mettre à la place ?

  • Les autres énergies mis à part le solaire thermique et le solaire photovoltaïque ne font pas mieux !

Quel chauffage mettre dans l'ancien ?

La chaudière gaz à condensation (générateur à très haute performance) est de loin l’option la plus économique en raison d'un prix raisonnable (3000 euros TTC posé pour une chaudière murale).

 

Quel chauffage mettre dans le neuf ?

La nouvelle réglementation thermique et environnementale des logements (RE 2020) est en gestation.

Si le gouvernement persiste dans son choix de favoriser le chauffage électrique en éliminant le gaz dans la construction neuve, le choix devra se partager entre chaudière à granulés et pompe à chaleur air/eau si l'on souhaite avoir le confort de radiateurs ou mieux d'un plancher chauffant à très basse température. Autrement dit ce choix se fera entre des équipements particulièrement onéreux dont les surcoûts d’investissement dans le neuf sont pratiquement impossibles à rentabiliser.
D'autant plus que la fiabilité des pompes à chaleur à la différence des chaudières à granulés de bois est leur défaut principal.

Les zones peuplées

Dans des zones pavillonnaires où la place est comptée, le choix se fait entre :

  • L'encombrement du stockage du bois, des palettes de granulés ou des silos de pellets avec la pollution de l'air avec le bois énergie,
  • Le manque de fiabilité, le bruit, l'esthétique et l'encombrement avec les pompes à chaleur qui restent des appareils électriques donc dépendants du nucléaire,
  • Les inconfortables, coûteux convecteurs et radiateurs électriques à effet joule dépendants également de l'atôme.

 

Une pompe à chaleur ?

Bénéficiant d'une excellente image de marque pour le grand public, elle possède des avantages dans des maisons parfaitement isolées, mais n'est pas performante partout ni forcément rentable.

Avantages d'une pompe à chaleur

  •  Associée à un plancher chauffant à basse température à eau chaude, c'est un chauffage très confortable.
  •  Elle possède un coût d'exploitation (1) intéressant si l'on fait abstraction de l'investissement et du prix d'usage (2).
  •  Si elle fonctionnait uniquement avec une énergie renouvelable, une pompe à chaleur pourrait être intéressante.
  •  Le nucléaire est dit décarboné, c'est-à-dire qu'il émet peu de CO2 lorsque l'on ne tient pas compte de tout le traitement du combustible après l'extraction polluante de l'uranium
  •  Rappelons que la vapeur d'eau est le 1er gaz à effet de serre, le CO2 étant le deuxième gaz à effet de serre.

(1) Le coût d'exploitation désigne les frais associés à l'exploitation d'un appareil.

(2) Le prix d'usage à la différence du prix de vente indique la valeur marchande de l'appareil associée à l'usage du service rendu par ce produit.
L'indication systématique du prix d'usage serait intéressante pour promouvoir des produits durables, de meilleure qualité et donc plus respectueux de l'environnement.

Inconvénients d'une pompe à chaleur

  •  Une pompe à chaleur coûte très cher dans le neuf, elle est vendue 10 000 euros avec une TVA à 20%. Une chaudière gaz coûte 3000 euros TTC posée.
  •  Ses composants basiques coûtent pourtant peu à la fabrication souvent dans les pays étrangers lointains à bas coût, mais les marges bénéficiaires sont très confortables.
  •  Elle manque de fiabilité et sa durée de vie dépasse rarement les 10 ans sans avoir eu aucune panne.
  •  Les performances annoncées obtenues en laboratoire ne sont pas reproductibles in situ.
  •  Une pompe à chaleur reste un produit électrique qui utilise l'énergie la plus chère et destinée à augmenter fortement dans les prochaines années.
  •  L'électricité est en majorité issue du nucléaire.  
  •  Lorsque l’on vit à la campagne et que la puissance d’abonnement n'est pas disponible pour une pompe à chaleur mettre une chaudière à granulés très chère ?
  •  Les centrales atomiques envoient des quantités énormes de vapeur d'eau qui est le premier gaz à effet de serre. (Exemple 220 millions de m3 d'eau par an pour le réacteur de la centrale de Golfech).

Les pompes à chaleur hybrides

La RE 2020 fixe des seuils à ne pas dépasser et la pompe à chaleur hybride qui associe l'électricité au gaz qui prendrait la relève dès que la température extérieure serait trop basse serait une solution fiable et économiquement intéressante. 

Les radiateurs électriques

Les radiateurs électriques ne sont pas compatibles avec la RE 2020.  La ministre de la Transition écologique souhaite « sortir de l’effet joule » dans le neuf. De plus, en développant l'usage électrique pour le chauffage, le risque réel lié à demande électrique hivernale pourrait mener à un black-out généralisé. 

Le chauffage au bois

Le problème est lié à la prolifération d'appareils de même nature. Lorsque trop d'usagers utilisent un chauffage au bois, la pollution atmosphérique augmente et l'air devient toxique, car pollué avec les particules fines et les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) contenus dans les fumées.

Il faut opter pour le bois le moins polluant : le granulé de bois. 

Le potentiel oxydant de la combustion du bois

Une étude scientifique européenne supervisée par l'Institut suisse Paul-Scherrer a été publiée le 18 novembre 2020 dans la revue Nature et relatée dans le journal Le Monde.

  • Le potentiel oxydant de la combustion du bois crée un stress oxydatif pouvant déboucher sur des maladies respiratoires et cardio-vasculaires.
  • En supprimant les  appareils anciens fonctionnant au bois bûche et en les remplaçant par des appareils de chauffage performants utilisant un combustible acceptable,
  • Avec le pellet par exemple (à condition que le logement soit parfaitement isolé), on obtient automatiquement une diminution des émissions de polluants, moins de particules oxydantes et donc moins de risques pour la santé. 

 

La construction neuve doit tenir compte du confort des habitants, du coût de l'énergie, de l'empreinte environnementale et de l'énergie grise des matériaux utilisés.

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Conclusion sur la construction neuve 

La seule solution pour la réduction des gaz à effet de serre est d'avoir des bâtiments les moins polluants possibles. La logique serait d'nterdire les pompes à chaleur et autres climatiseurs qui réchauffent fortement l’air en été en faisant fonctionner les centrales nucléaires extrêmement consommatrices d'eau. (un réacteur utilise 200 millions de m3 d'eau et dissipe 40 millions de m3 de vapeur d'eau par an dans l'atmosphère.
Le plus sage serait de mettre toutes les aides disponibles pour isoler les logements au lieu de préconiser un changement d’énergie à chaque réglementation thermique.

60 et 90 % de l'empreinte carbone

La construction est la phase critique qui représente entre 60 et 90 % de l'empreinte carbone.

  •  Les blocs de parpaings, la brique ou le ciment sont des matériaux de construction très consommateurs d'énergie à la fabrication.

 

  •  Le choix d'une maison à ossature bois n'est fait que dans 10 % des constructions en France suivant les données de l'administration.
  •  Le choix doit être fait pour favoriser les matériaux qui émettent peu de carbone lors de leur fabrication et qui le stockent comme la paille, le chanvre, le bois ou la ouate de cellulose.
  •  Le besoin bioclimatique qui recouvre les besoins d'un logement pour le chaud en hiver et la fraîcheur en été passent par des systèmes connus, mais non développés comme le puits canadien.
  •  La forme du bâtiment, son exposition au vent au soleil, son orientation doivent être optimisées par des moyens simples et peu coûteux (plantation d'arbres, etc.).
  •  La maison passive qui ne consomme plus d'énergie est la solution, encore faut-il que les usagers pratiquent la sobriété heureuse qui permet d'épargner les ressources de la Terre.

 

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