Monoxyde de carbone ; le tueur invisible

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Selon l'INPES et l'InVS, les autorités sanitaires ont recensé 53 épisodes d’intoxication au monoxyde de carbone simplement entre le 1er septembre et le 14 octobre 2015. L'inconscience et la méconnaissance des usagers ont mis la vie de 170 personnes en danger. Les causes sont connues, car les principales circonstances d’intoxication au monoxyde carbone (CO) sont liées à des appareils de chauffage mal utilisés, mal entretenus ou mal installés.

Sommaire

  1. Monoxyde de carbone: un tueur invisible
  2. Le risque d'intoxication
  3. La production de monoxyde de carbone
  4. Caractéristiques
  5. Toxicité
  6. Traitement
  7. Réparation : intoxication professionnelle
  8. La détection
  9. Les appareils qui demandent une installation conforme
  10. Les gestes simples pour éviter tout risque
  11. Les premiers signes d'alerte
  12. Une vidéo diffusée par Santé Publique France

1. Monoxyde de carbone : un tueur invisible

Le monoxyde de carbone ou oxyde de carbone est caractérisé par le symbole CO. Il ne faut pas le confondre avec le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). Le monoxyde de carbone (CO sous sa forme chimique) est un gaz hautement toxique particulièrement dangereux parce qu'inodore et incolore.

Le monoxyde de carbone résulte de la combustion incomplète de la plupart des combustibles (bois, charbon, fioul, gaz naturel, gaz butane, gaz propane…). Les sources de production du monoxyde de carbone sont nombreuses : par exemple une cheminée à bois mal entretenue, un garage non ventilé, un Mobil home (résidence mobile) sans aération, une caravane mal ventilée, une cuisine sans ventilation suffisante, un local chaudière sans amenée d'air frais, un appareil de production de chaleur ou d’énergie présentant un défaut de combustion ou d’installation, etc.

2. Le risque d'intoxication

Le risque d'intoxication au monoxyde de carbone (CO) est souvent méconnu. Il concerne de nombreux secteurs d'activité : habitat, aviculture, agriculture, élevage de petits animaux, endiveries, horticulture, etc. La plupart du temps les usagers sous-estiment le risque d'intoxication au monoxyde de carbone (CO) qui est bien réel, car si une intoxication peut se traduire par de simples maux de tête ou des nausées, elle peut également s'avérer mortelle.
La production de monoxyde de carbone est bien souvent le résultat d'un dysfonctionnement des appareils de chauffage ou de moteurs thermiques. L'entretien, le contrôle et la maintenance des installations et des matériels doivent permettre de prévenir ce risque. Il est également indispensable que les usagers ou le personnel soient informés du risque et de la conduite à tenir en cas d'incident.

3. La production de monoxyde de carbone

La présence d’une quantité de monoxyde de carbone est surtout dangereuse dans les cas suivants :

  •  Appareil défectueux.
  •  Appareil mal entretenu.
  •  Tuyau d'évacuation de fumées partiellement ou totalement obturé.
  •  Locaux mal ventilés.

Pour veiller à la sécurité des particuliers, il est recommandé d’installer un détecteur de monoxyde de carbone dans, ou à proximité, des pièces dans lesquelles se trouve un appareil à combustion. Pour veiller à la sécurité des particuliers.

4. Caractéristiques

Le monoxyde de carbone est un gaz incolore, inodore, non irritant qui se répand très facilement dans l'air. Le monoxyde de carbone est donc particulièrement nocif et insidieux résulte d'une combustion de mauvaise qualité (appareils de chauffage, moteurs thermiques...). Il est à peine plus léger que l'air.

5. Toxicité

Le monoxyde de carbone (CO) pénètre exclusivement par voie respiratoire. Il se fixe à l'hémoglobine du sang à la place de l'oxygène de l'air et entraîne une insuffisance d'oxygénation des organes. Le coeur et le cerveau sont les plus sensibles au monoxyde de carbone. Un dosage sanguin spécifique permet d'évaluer le degré d'intoxication. Le CO est plus toxique pour l'homme que pour les animaux (élevage en bâtiments fermés). L'intoxication est à la fois fonction de la concentration et de la durée d'exposition.

La VME (valeur moyenne d'exposition) pour l'homme, en fonction de ces données, 1 pour le CO a été fixée à 50 ppm, seule valeur pour laquelle le danger semble limité.

La VME est une valeur fixée dans la circulaire du 19 juillet 1982 du ministère de l'Agriculture conformément à l'article R. 232-5-5 du Code du travail. Elle correspond à la concentration pondérée de monoxyde de carbone (CO) dans l'air que peut respirer sans danger une personne huit heures par jour, 40 heures par semaine et sur de longues périodes (mois, années).

Quelques points de repère

*Le ppm (partie par million) est l'unité de mesure utilisée par les appareils de détection de CO.

La toxicité peut prendre plusieurs formes, les effets peuvent être variables d'une personne à une autre :

Forme aigüe

Les signes cliniques sont variés, associant des maux de tête, une fatigue progressive, des vertiges, des nausées et vomissements, des troubles visuels, une perte de connaissance brève, une augmentation de la fréquence cardiaque, des convulsions.
Dans les formes les plus graves, on constate une détresse respiratoire, un coma et le décès.

Trois évolutions sont possibles :

  •  une guérison sans séquelles,
  •  des séquelles après coma : sévères (troubles mentaux, troubles de la marche ou de la parole), légères (fatigue, troubles de la mémoire, maux de tète), possibilité d'apparition de complications neurologiques ou psychiatriques un mois environ après l'intoxication (sans trouble apparent pendant ce délai),
  •  le décès.

Forme chronique

Les signes sont souvent discrets, rythmés par les périodes de travail, disparaissant le week-end ou pendant les congés.
On retrouve notamment :

  •  des maux de tête rebelles,
  •  une fatigue persistante,
  •  des vertiges,
  •  des troubles de la mémoire et de la vision,
  •  un syndrome dépressif.

Remarque :

Certaines personnes ont un risque accru pour des doses plus faibles :

  •  la femme enceinte, dès 50 ppm pour le fœtus,
  •  les personnes souffrant de problèmes cardiaques (insuffisants coronariens),
  •  les insuffisants respiratoires.

6. Traitement

Le traitement de l'intoxication au monoxyde de carbone est basé sur un apport d'oxygène (air libre, masque à oxygène ou caisson hyperbare selon la gravité des cas).

7. Réparation : intoxication professionnelle

L'intoxication professionnelle au monoxyde de carbone (CO) est indemnisée comme maladie professionnelle (tableau n° 40 du régime agricole).
Intoxication professionnelle par l'oxyde de carbone.
Date de création : 15 janvier 1976
Dernière mise à jour : 21 août 1993 (décret du 19 août 1993)

8. La détection

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La firme Gazinox a créé un détecteur de monoxyde de carbone de dernière génération : le modèle SF 350 EN conçu pour protéger les individus contre les effets aigus et chroniques de l’exposition au monoxyde de carbone.

Principe de détection : cellule électrochimique.
Type d’énergie utilisée : piles haute performance.
Outils de détection : par voyant et alarme sonore.
Durée de vie : 5 ans.
Résistance à la chaleur : de -10°c à + 40°c.
Plage d’humidité : 30 à 90% d’H.R.
Poids : 140 grammes.
Norme CE.

Caractéristiques techniques : Le détecteur de monoxyde de carbone Gazinox est composé de 2 voyants et d’1 vibreur :

  •  un voyant vert clignotant signalant le bon fonctionnement du détecteur.
  •  un voyant rouge clignotant qui s’allume en cas de présence de gaz.
  •  un vibreur sonore se déclenchant en cas d’alerte et faisant retentir une alarme.

Lorsque la situation est normale, l’absence de monoxyde de carbone est indiquée par le voyant vert qui clignote environ une fois par minute. Lorsque l’appareil détecte la présence de monoxyde de carbone, il émet un signal d’alarme en continu. Le voyant rouge s’allume en clignotant et une sonnerie retentit environ 5 fois par seconde. Après la dispersion du monoxyde de carbone, le signal d’alarme s’arrête.

A noter : ce détecteur de monoxyde de carbone ne se substitue pas aux alarmes incendie ou aux détecteurs de gaz combustibles et ne remplace pas le nettoyage, la maintenance et l'entretien normal d’appareil à combustion ou le balayage et le ramonage des cheminées de tous types.

Idéalement, le meilleur endroit où placer un détecteur de monoxyde de carbone est l'endroit depuis lequel vous pouvez l'entendre pendant votre sommeil. Si l’appareil de combustion se trouve dans une pièce qui n’est généralement pas fréquentée (cellier, chaufferie), installez le détecteur de monoxyde de carbone à l’extérieur de ce local afin d'entendre plus facilement l’alarme lorsqu’elle retentit. Un détecteur de monoxyde de carbone devrait donc être installé dans :

  •  Chaque pièce renfermant un appareil à combustion.
  •  Chaque pièce éloignée fréquemment occupée par des usagers.
  •  Chaque chambre à coucher (dans une chambre meublée, le détecteur de monoxyde de carbone doit être installé le plus loin possible des appareils de cuisson et à proximité de l’endroit où la personne dort).

Si le nombre de détecteurs de monoxyde de carbone est limité, les points suivants doivent être pris en considération avant de décider du meilleur endroit pour l’installation d'un ou de plusieurs détecteurs.
S’il y a un appareil à combustion dans la pièce dans laquelle des personnes dorment, installez un détecteur de monoxyde de carbone dans cette pièce. Installez un détecteur de monoxyde de carbone dans la ou les pièces contenant un appareil à combustibles ouvert ou non raccordé. Installez un détecteur de monoxyde de carbone dans les pièces dans lesquelles les habitants passent le plus de temps (exemple : séjour, cuisine, salon).

Que faire lorsque l'alarme de votre détecteur de CO se déclenche ?

  •  Ouvrez les portes et les fenêtres pour aérer les locaux.
  •  Évacuez les locaux (habitation, bâtiment d'élevage avicole, etc.) en laissant les portes et les fenêtres ouvertes.
  •  Sollicitez immédiatement une aide médicale pour toute personne présentant des symptômes d’intoxication au CO.
  •  Les maux de tête, les nausées sont des signes d'intoxication : précisez qu’une telle intoxication est soupçonnée.
  •  Ne réintégrez pas les locaux avant que l’alarme soit arrêtée.

Si l’alarme a été arrêtée en appuyant sur le bouton de test/pause, patientez 5 minutes au moins (jusqu’à ce que l’alarme puisse vérifier que le monoxyde de carbone s’est bien dissipé). L’alarme peut être arrêtée immédiatement en appuyant sur le bouton de test/pause si le niveau de CO est inférieur à 150 ppm. Après s'être assuré de l'absence de monoxyde de carbone (ventilation importante des locaux), arrêtez l’appareil de combustion et ne le réutilisez pas avant qu’il ait été contrôlé par un professionnel ou un expert. Dans le cas d’un appareil fonctionnant au gaz, ce contrôle doit être confié à un installateur agréé, contactez votre fournisseur de gaz. Conservez toujours les numéros d’appel d’urgence à portée de main.

9. Les appareils qui demandent une installation conforme

Généralement les appareils incriminés sont des générateurs de chauffage ou de production d’eau chaude utilisant le gaz naturel, le bois, le charbon, le fioul, le gaz butane ou propane, l'essence ou le pétrole. Pratiquement une intoxication sur quatre est due à un appareil à combustion non raccordé à un conduit d'évacuation des fumées. Le plus souvent un appareil est utilisé de manière inappropriée : un chauffage mobile, un groupe électrogène, un brasero, un barbecue et même un fût métallique servant de foyer bois fonctionnant dans un espace clos.

10. Les gestes simples pour éviter tout risque

Il existe des gestes simples à respecter afin de réduire les risques d’intoxication.

  •  Faire entretenir les appareils de chauffage et de production d’eau chaude à combustion par un professionnel.
  •  Ne jamais utiliser des dispositifs non destinés au chauffage comme un réchaud de camping, un four à gaz, un brasero, un barbecue, une cuisinière, un radiant à gaz infrarouge ou à catalyse.
  •  Ne jamais faire fonctionner un groupe électrogène dans un lieu clos, car il doit impérativement être placé à l’extérieur d'un bâtiment.
  •  Un chauffage d’appoint à combustion, comme un poêle à pétrole, ne doit pas fonctionner de façon prolongée dans une pièce fermée et surtout pas dans une chambre.

Le danger est qu'au bout de quelques heures, ils dégageront du CO.

Il est obligatoire d'aérer quotidiennement l’habitation.
Il ne faut jamais obstruer les grilles de ventilation hautes et basses, même par temps froid.
Si ces symptômes apparaissent, il faut aérer immédiatement les locaux, arrêter les appareils à combustion, évacuer les lieux et appelez les secours en composant le 15, le 18 ou le 112 (et le 114 pour les personnes malentendantes).
Le monoxyde de carbone est un tueur silencieux qui donne peu de signes : soyez prudents.

11. Les premiers signes d'alerte

Chaque année, une centaine de décès est enregistrée par la Direction générale de la Santé (DGS). Les premiers signes sont les maux de tête, la fatigue, les nausées, des signes caractéristiques avant coureurs d’une intoxication qui expose à un risque de coma et de décès.

12. Une vidéo diffusée par Santé Publique France

Cette infographie pédagogique, illustrée et animée sur les dangers du C0 (monoxyde de carbone), présente des gestes simples pour les éviter . Elle explique ce qu’est le CO, les moyens de s’en protéger et les gestes à faire en cas d’urgence.

Commentaires
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4 éléments à connaître pour améliorer votre sécurité :
4 éléments à connaître pour améliorer votre sécurité : Monter une alarme sonore Réduire le risque grâce à une alarme de monoxyde de carbone sonore. L'alerte de ce gaz mortel avant que les niveaux de danger soient atteints à l'aide d'alarmes faciles à utiliser et à installer. Faites vérifier les appareils gaz régulièrement Ne jamais bloquer la ventilation des locaux Apprenez à reconnaître les symptômes Les premiers symptômes d'intoxication au monoxyde de carbone sont semblables à la « grippe ». Ils peuvent inclure: nausée vertiges fatigue maux de tête douleurs à l'estomac douleurs à la poitrine
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