Légionelles et légionellose : risque des ballons d'eau chaude

Dernière modification :

La bactérie legionella pneumophila ou légionellose (nom maladie du légionnaire) se développe dans l'eau à 20-45°C et présente un risque pour un ballon d'eau chaude. Lorsqu'une installation d’eau chaude sanitaire n'est pas assez chauffée, il existe le risque de voir se développer des bactéries mortelles appelées legionella pneumophila (légionelles) responsable de la maladie de la légionellose. À des températures comprises entre 19/20 degrés, la bactérie est présente en faible concentration. Entre 25 et 45 degrés, elle prolifère dans les eaux stagnantes. La légionellose peut apparaitre dans les installations d’eau chaude sanitaire avec une température inférieure à 55 °C. Les légionelles ne se reproduisent plus à 55 degrés et sont détruites à partir de 60 à 70 degrés (à 60 °C il faut 32 minutes, à 66 degrés 2 minutes et à 70 degrés 1 minute).

 

Sommaire

La bactérie Legionella pneumophila Légionelles légionellose

1. La legionella pneumophila

La legionella pneumophila : la bactérie responsable de la légionellose.
Les légionelles sont des bactéries microscopiques d'une taille de 2 μ qui pénètrent les voies respiratoires dans les gouttelettes d'eau de taille inférieure à 5 μ (douche par exemple).

 

2. D'où provient le terme légionellose ?

La légionellose tire son nom d'une redoutable épidémie qui a affecté 182 participants au 58ème congrès de la Légion américaine à Philadelphie en 1976. 29 personnes y ont perdu la vie.

Une bactérie, la legionella pneumophila, est responsable de la légionellose, dite maladie du légionnaire, qui se développe dans l'eau à moyenne température (20 à 60 °C). Elle s'était propagée par le système de climatisation de leur hôtel.

Les milieux présentant les risques de contamination les plus élevés sont, comme l'ont montré les dernières recherches, les ballons d'eau chaude sanitaire et les systèmes de climatisation. L'émergence récente de cette maladie s'explique par son affinité pour les systèmes modernes d'alimentation en eau comme les tours de refroidissement, les climatiseurs, les bains à jet, les bains à remous (jacuzzi), les canalisations d'eau chaude.

En Europe, bien que quelques graves épidémies débouchant sur de nombreux décès lui aient donné momentanément un caractère médiatique, cette bactérie reste encore méconnue du grand public et des professionnels concernés.

 

3. La légionellose est-elle transmissible ?

De nombreux cas ne sont pas déclarés, certainement par confusion avec d'autres infections respiratoires répondant parfois à une antibiothérapie voisine. Les spécialistes que nous avons consultés confirment que l'étendue des contaminations est plus importante que ne le laissent apparaître les statistiques. Cette sous-évaluation (qui serait faite de cette maladie en France des estimations allemandes) évalue en effet à plus de 6 000 les malades atteints annuellement de légionellose grave avec 1 000 décès.

La confirmation d'un diagnostic de légionellose par l'analyse reste une opération complexe, réalisée dans des services et laboratoires hospitaliers spécialisés. Les institutions de Santé ont limité ces foyers d'infection dans les hôpitaux et centres de balnéothérapie.

La taille importante des installations de stockage d'eau chaude et les personnes hospitalisées sont, par leur santé fragilisée, un terrain favorable à ce type d'infection pulmonaire qui représente un problème non négligeable de santé publique. Les milieux hospitaliers et thermaux font l'objet de contrôles et d'interventions pour prévenir tout risque, il n'en va pas de même pour l'habitat individuel.

 

4. Bactéries identifiées de la Legionella pneumophila

Ces bactéries existent naturellement dans les milieux humides : 49 espèces et 64 sérogroupes sérologiques :

  •  une vingtaine d’espèces ont un caractère pathogène pour l’homme (isolées chez des malades).
  •  legionella pneumophila : 99% des cas de légionelloses.
  •  legionella pneumophila sérogroupe 1 : 90 % des cas.

 

5. Caractéristiques des bactéries Legionella pneumophila

  •  En bâtonnets.
  •  Gram négatif.
  •  Aérobies.
  •  Flagellées ou non.

 

6. La legionella pneumophilia est-elle dangereuse ?

La legionella pneumophilia peut-elle occasionner une maladie grave ?

La légionellose est une maladie extrêmement grave se caractérisant par une pneumonie aiguë imputable à un bacille Gram négatif : la legionella pneumophila. Dans la nature, les légionelles trouvent une protection vis-à-vis de conditions environnementales défavorables :

  •  soit en parasitant certains êtres unicellulaires eucaryotes (retrouvés dans les réseaux d'eau potable),
  •  soit en colonisant les biofilms des réseaux d'eau potable.

 

Durée d'incubation 2 à 10 jours.
Début progressif pseudo grippal : frissons, malaise, fièvre, puis élévation de la température (39 °, 40 °C), très mauvais état général.
Toux sèche, douleurs thoraciques intenses, détresse respiratoire aiguë.
Examen clinique : foyer pneumonique franc.
Symptômes digestifs, nausées, douleurs abdominales.
Syndrome encéphalitique pour 1/3 des cas.
Décès possible dans les 7 jours après déclaration de la maladie dans ses formes aiguës.

 

7. Résistance aux désinfectants

  • à 2 mg/l de chlore.
  • à 1 mg/l d'ozone.
  • à 160 J /m2 d'UV.

 

8. Comment éviter la prolifération ?

Facteurs défavorisant la prolifération de la bactérie :

  •  Recirculation permanente de l'eau des chauffe-eau pour éviter la stagnation.
  •  Température en dehors du domaine 20-45°C (idéal chauffer à 60 ou 65 °).
  •  Ions d'argent et de cuivre.
  •  Brome.

 

9. Les risques des légionelles

Vous n'aurez pas de problème avec les bactéries si vous êtes équipé d'un système de production instantanée d'eau chaude (type chauffe-eau) par contre, si vous avez un ballon électrique, un chauffe-eau thermodynamique ou une réserve liée à une chaudière (préparateur indépendant ou accolé) qui sont des solutions très répandues en France, vous pouvez légitimement vous poser des questions pour la prévention afin de préserver votre santé.

Lorsqu'un réservoir d'eau chaude sanitaire est réglé pour produire de l'eau à la température de 55- 60 °C (économie d'énergie oblige), l'eau n'est, à cette température, que dans sa partie supérieure, température qui décroît au fur et à mesure que l'on descend (phénomène de stratification) pour atteindre 30 à 40 °C au bas du ballon. Si à cette température des boues se sont déposées au fond du ballon au cours du temps, toutes les conditions idéales d'un bouillon de culture seront réunies.

Des études de terrain ont confirmé la fréquente présence de legionella pneumophilia dans ce type d'installations. Bien que la présence de legionella pneumophilia dans l'eau froide du réseau soit très limitée, il suffit qu'un germe parvienne dans le ballon pour qu'il le colonise rapidement.

Schéma de l'appareil respiratoire de l'être humain.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La contamination de l'être humain s'effectue par voie aérienne, une simple inhalation (absorption par les voies respiratoires) de l'eau contenant la bactérie suffit pour provoquer l'infection pulmonaire.

 

10. Le processus de contamination

La contamination de l'être humain s'effectue par voie aérienne, une simple inhalation (absorption par les voies respiratoires) de l'eau contenant la bactérie suffit pour provoquer l'infection pulmonaire. De très fines gouttelettes produites en aérosol par le pommeau d’une douche permettent facilement cette inhalation.

L'importance du parc de préparateurs d'eau chaude déjà installé, et les mesures d'économie d'énergie en vigueur portent les fabricants à se montrer discrets et « prudents » en la matière.

Des solutions existent pour les ballons liés à une chaudière, mais ne sont mises en œuvre que par quelques constructeurs, Nordiques ou Germaniques notamment.

L'eau du ballon doit être chauffée uniformément, particulièrement par le fond, à une température supérieure à 60 °C. Différents procédés comme le « bain-marie » et le « fond chauffant » sont les plus efficaces.

Le cas des ballons d'eau chaude électriques

En France, du fait de la politique de développement du tout électrique, se pose le problème plus délicat des ballons électriques, particulièrement nombreux. Composés traditionnellement d'un réservoir et d'une résistance électrique verticale, il leur est impossible sans transformation radicale de chauffer correctement le fond de la cuve. Un fond chauffant, ressemblant à une plaque de cuisson, pourrait être étudié, mais aucun signe de recherche en ce sens n'a encore été perçu, les chaînes de fabrication étant déjà conçues et rentables.

Il existe pourtant des recommandations, émanant de structures comme l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) qui définissent un cahier des charges permettant de lutter efficacement contre ce type de prolifération bactérienne :

  •  Maintien de la globalité de l'eau à une température suffisante, l'eau chaude doit avoir au minimum une température de distribution de 52 °C.
  •  Limitation du volume de stockage permettant un renouvellement fréquent de l'eau.
  •  Les conduites d'eau demeurées inutilisées un certain temps, puis réactivées sans avoir été complètement purgées présentent un danger potentiel très important.
  •  Accès aisé et simple dans le réservoir (par une trappe de visite) pour le nettoyage et l'évacuation des boues.
  •  Les canaux d'aération doivent être périodiquement désinfectés.

 

11. Quels sont les conseils de sécurité à observer ?

Pour diminuer les risques associés à une eau chaude :

  •  Vérifiez toujours la température de l’eau avant de l'utiliser.
  •  Ne modifiez pas le réglage d’origine du thermostat de votre chauffe-eau sanitaire.
  •  N'utilisez pas l’eau chaude provenant d'un ballon d'eau chaude pour cuisiner ou faire votre thé, faites systématiquement chauffer de l’eau froide.
  •  Ne débranchez pas le chauffe-eau lorsque vous vous absentez pour quelques jours.

 

12. À quelle température un chauffe-eau doit-il être réglé ?

La température du chauffe-eau doit être réglée entre 60 et 65 degrés pour éliminer les risques de contamination par la bactérie Legionella qui prolifère dans un milieu tiède, une bactérie responsable de la maladie du légionnaire, une forme de pneumonie touchant les individus dont le système immunitaire est affaibli, les enfants ainsi que les personnes âgées.

Les chauffe-eau électriques à accumulation, en raison de leur conception, sont plus sujets à la contamination que les appareils fonctionnant au gaz ou au fioul. Dans les chaudières équipées d'un préparateur d'eau chaude sanitaire, la température de l’eau dans la partie inférieure du réservoir est trop basse pour empêcher la multiplication de la bactérie Legionella. Une température réduite permet de limiter les risques de brûlures causées par une eau trop chaude du robinet, surtout avec les jeunes enfants ou les personnes âgées. L'idéal est de placer un régulateur de température appelé mitigeur thermostatique sur les robinets de douche, de cuisine ou de salle de bains permettant de régler et de limiter la température par exemple à 39 °. Les chauffe-eau électriques sont alimentés en tarif heures creuses, il faut donc attendre 24 heures afin que le nouveau réglage soit efficace. Si vous diminuez la température de l'eau, il faut couper l’alimentation électrique du ballon électrique, attendre quelques heures que la température baisse puis le réenclencher après la modification. Si vous augmentez la température, le commutateur peut-être mis en marche forcée pendant 2 ou 3 heures pour atteindre la bonne température.

 

13. Comment limiter les risques

Pour les préparateurs indépendants, un nettoyage de l'intérieur de la cuve permettra de retirer les boues et de désinfecter (exemple eau de javel). Certaines chaudières sont équipées d'un système électronique permettant de programmer une surchauffe hebdomadaire du ballon d'eau chaude sanitaire (à 70 ou 80 °C).
Pour les ballons électriques, le nettoyage de la cuve est difficile, car l'accès est rarement simple, il faut donc augmenter la température-seuil de déclenchement de la résistance ou adjoindre un programmateur pour une surchauffe hebdomadaire.

Dans les deux cas, il est souhaitable après une longue période de non-utilisation, de renouveler entièrement l'eau avant de l'utiliser pour se laver, inutile de la jeter, vos plantes ou votre jardin pourront bénéficier de cette eau pour l’arrosage.

Trouver les bons conseils pour baisser vos factures de gaz en citerne

Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaire pour cette page.
Commenter cette page

Tous les articles

Actualités

Dossiers

Conseils

Trucs et Astuces

Normes